Jeudi 4 février 2010
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Travailler a la recomposition d’une modernite – dont la tache strategique serait d’oeuvrer a l’eclatement du post-modernisme -, c’est tout d’abord inventer l’outil theorique
permettant de lutter contre tout ce qui, dans la pensee postmoderne, accompagne objectivement le mouvement de standardisation inherent a la mondialisation. Il s’agit d’identifier ces valeurs et
de les arracher aux schemas binaires et hierarchiques du modernisme d’hier, tout comme aux regressions fondamentalistes de tous ordres.
(...) En attendant, nous assistons a l’emergence d’une sorte de courtoisie esthetique postmoderne, une attitude consistant a refuser d’emettre le moindre jugement
critique de peur de froisser la susceptibilite de l’autre. Certes, cette version excessive du multiculturalisme se fonde sur de bons sentiments, c’est-a-dire notamment sur la volonte de
« reconnaissance » de l’autre (Charles Taylor). L’effet pervers reside dans le fait que l’on en arrive a considerer implicitement les artistes non-occidentaux comme des invites
avec qui il faudrait etre poli, et non comme des acteurs a part entiere de la scene culturelle.
(...) Ce pretendu « respect de l’Autre » genere en tout cas un colonialisme a l’envers, tout aussi courtois et apparemment bienveillant que le
precedent fur brutal et negateur.
(Radicant, Nicolas Bourriaud)
Par sandrine
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Jeudi 4 février 2010
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10:40
"Les manifestations artistiques (ou politiques) appelerent, au cours du XXeme siecle, a un retour a l’origine de l’art ou de la societe, a leur epuration afin d’en
retrouver l’essence. Il s’agissait de couper les branches inutiles, de soustraire, d’eliminer, de reinitialiser le monde a partir d’un principe unique, presente comme la fondation d’un nouveau
langage liberateur.
(...) les createurs contemporains posent deja les bases d’un art radicant – epithete designant un organisme qui fait pousser ses racines et se les ajoute, au fur et a
mesure qu’il avance.
(...) Et si la culture du XXIeme s’inventait avec ces oeuvres qui se donnent pour projet d’effacer leur origine au profit d’une multitude d’enracinements simultanes ou
successifs ? Ce processus d’obliteration fait partie de la condition d’errant, figure centrale de notre ere precaire, qui emerge et insiste au coeur de la creation artistique
contemporaine."
(Radicant, Nicolas Bourriaud)
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Mardi 26 janvier 2010
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10:07
Finalement, le rythme a repris a Saigon avec son peu d’heures de sommeil reglementaires. Bert a passe une semaine a
Singapour pour imprimer le dernier livre de Nhiem et Madame Phuong ; de retour avec du graphisme a finir et reprise de la peinture car il a une expo solo prevue en Septembre avec Betty a
Singapour. Il s’occupe egalement d’organiser un evenement pour le consulat, lie a un projet francophone autour du slam dans les lycees vietnamiens. Nous allons y montrer une nouvelle piece
Wonderful, collaboration sculpture video and tre Bert et moi.
Je prepare mon expo solo a la galerie Quynh, finalement repoussee en avril. Mais une expo collective arrive bientot, dans
laquelle je vais presenter une dizaine de recents dessins. Et puis je devrais participer a la foire de Hong Kong au Printemps avec la galerie.
Je vais aussi laisser une serie de dessins dans une galerie de Singapour 9mise en contact grace a nos amis Kay et Dash),
dont le creneau est l’art accessible a tous (tous ses prix sont en dessous de 2000 dollars). Elle participe a une foire intitulee « Affordable art fair » qui se tiendra en avril a
Singapour.
Mon livre de dessins avec Betty est toujours d’actualite, je ne sais pas encore la date de sortie, mais on envisage aussi
une expo solo a l’etranger (peut-etre Singap) pour l’occasion.
Sinon une autre proposition de livre (plutot illustration) avec « Diantre », une maison d’edition francaise. C’est
un projet hyper excitant, qui pourrait aboutir en 2011.
Notre agence Tumtum Tree demarre, on est pas encore tout a fait au point mais on commence deja a etre contactes pour de
petits projets... Je bosse sur le site qui pour l’instant tente de faire patienter un peu : http://www.tumtumtree.asia
Pour l’instant je termine un peu de design et illustration pour une nouvelle boutique de produits de luxe pour
enfants : « Small is beautiful »... (http://www.smallisb.com)
Et puis a Bordeaux, nos amis de Buy Sellf fetent leur 10 ans. Pour l’occase, plusieurs expos dans la ville et mes
« tongues a roulettes » devraient etre exposees a la Galerie Eponyme.
Et puis the big news de la famille: Florent et Mag attendent le nouveau petit cousin/cousine de Kiki!!
Par sandrine
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Mardi 26 janvier 2010
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04:03
Mercredi 13 janvier 2010
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Par sandrine
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Mercredi 13 janvier 2010
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04:08
“D’une facon generale, dans une societe comme la notre, on peut dire qu’il y a des heterotopies qui sont des heterotopies du temps quand il s’accumule
a l’infini: les musees et les bibliotheques, par exemple. Au XVIIe et XVIIIe siecles, les musees et les bibliotheques etaient des institutions singulieres ; ils etaient l’expression du gout
de chacun. En revanche, l’idee de tout accumuler, l’idee, en quelque sorte, d’arreter le temps, ou plutot de le laisser se deposer a l’infini dans un certain espace privilegie, l’idee de
constituer l’archive generale d’une culture, la volonter d’enfermer dans un lieu tous les temps, toutes les epoques, toutes le formes et tous les gouts, l’idee de constituer un espace de tous les
temps, comme si cet espace pouvait etre lui-meme definitivement hors du temps, c’est la une idee tout a fait moderne : le musee et la bibliotheque sont des heterotopies propres a notre
culture.
Il y a en revanche des heterotopies qui sont liees au temps, non pas sur le mode de l’eternite, mais sur le mode de la fete : des heterotopies non
pas eternitaires mais chroniques. »
« Les civilisations sans bateaux sont comme des enfants dont les parents n’auraient pas de grand lit sur lequel on puisse jouer »
(Michel Foucault, Les heterotopies)
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Mardi 12 janvier 2010
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09:31
Le jour de notre depart de France, nous nous sommes reveilles dans un paysage tout blanc. Un joli cadeau de depart... Nous avions peur de ne pas pouvoir prendre la voiture pour aller a l'aeroport
et de ne pas pouvoir decoller a cause de la neige, mais nous voici tout de meme de retour, tres fatigues et encore en jetlag avec Kim-Ly qui ne s'endort pas avant l'aube et qui est au pic de sa
forme entre minuit et 3 heures du mat...
Bert est deja repartit a Singapour pour imprimer le dernier tome du catalogue de Madame Phuong et Nhiem. Remise au boulot difficile...
les retrouvailles avec Bao Ngoc la voisine
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Mardi 12 janvier 2010
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09:20
"Or, parmi tous ces lieux qui se distinguent les uns des autres, il y en a qui sont
absolument differents: des lieux qui s'opposent a tous les autres, qui sont destines en quelque sorte a
les effacer, a les neutraliser ou a les purifier. Ce sont en quelque sorte des
contre-espaces. Ces contre-espaces, ces utopies localisees, les enfants les connaissent parfaitement. Bien
sur, c'est le fond du jardin, bien sur, c'est le grenier, ou mieux encore la tente d'Indiens dressee au milieu du grenier, ou encore, c'est -le jeudi apres-midi- le grand lit des parents. C'est sur
ce grand lit qu'on decouvre l'ocean, qu'on peut y nager entre les couvertures; et puis ce grand lit, c'est aussi le ciel, puisqu'on peut bondir sur les ressorts; c'est la foret, puisqu'on s'y
cache; c'est la nuit, puisqu'on y devient fantome entre les draps (...)
En general, l'heterotopie a pour regle de juxtaposer en un lieu reel plusieurs espaces qui, normalement, seraient, devraient etre incompatibles. Le theatre, qui est une heterotopie, faut succeder
sur le rectangle de la scene toute une serie de lieux etrangers. (...)
(Michel Foucault, Les heterotopies)
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Mardi 12 janvier 2010
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08:45
“Pour Mario Merz, l’igloo incarne la forme organique par excellence. Il est à la fois "le monde" et "la petite
maison". Il est l’image de la survivance, à la fois une édification nomade et un abri. Ici, il est utilisé par l’artiste comme support d’une revendication tant politique qu’artistique.
Sur l’ensemble de cet igloo, en lettres capitales de néon, court la sentence du général Giap en italien : "Se il nemico si concentra
perde terreno, se si disperde perde forza" (Si l’ennemi se concentre il perd du terrain, et si l'ennemi se disperse, il perd sa force). L’inscription de cette formule s’appuie sur la forme
symbolique de la spirale, figure dynamique qui résout le dilemme entre la force et l’expansion exprimé par le général vietnamien. Mais la spirale se construit aussi grâce à la suite logarithmique
de Fibonacci, où chaque nombre est la somme des deux précédents et où le rapport de deux termes consécutifs tend vers le nombre d'or. Elle rappelle ainsi l’harmonie recherchée par les artistes de
la Renaissance italienne, en même temps qu’un rapport de proportion inscrit dans la nature. Par cette figure géométrique qu’est la spirale, l’art, la vie et la stratégie de résistance du général
Giap sont posés en adéquation. Cette œuvre, contemporaine de la guerre du Vietnam, est marquée par l’idéologie contestataire des années 60. “
(Dossiers pedagogiques/Collection du Musee, Centre Georges Pompidou)
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Mardi 12 janvier 2010
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12
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/2010
06:18
“Apres tout, est-ce que le corps du danseur n’est pas justement un corps dilate selon tout un espace qui lui est interieur
et exterieur a la fois?”
(Michel Foucault, Le Corps utopique)
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