La puissance d'exister, Michel Onfray
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La puissance d'exister, Michel Onfray
Vernissage hier soir de l'expo de Tran Dan, un jeune artiste habitué de l'atelier. Projetées au milieu de quelques peintures pas très folichonnes, ses nouvelles videos, étranges, parfois très abstraites et vraiment étonnantes par rapport aux vidéos d'artistes qu'on a l'habitude de voir ici. Un hommage rendu pendant le vernissage à Nguyen Dao An Ha, une étudiante très talentueuse, qui venait aussi parfois à l'atelier et qui vient de décéder d'une manière terrible il y a une dizaine de jours - décès qui a bouleversé toute la communauté artistique de Saigon. La performance lui rendant hommage ce soir n'était pas très subtile (nous étions invités, à un moment de la soirée, à déposer une rose dans un rectangle tracé au sol avec des pointillés phosphorescents – rectangle sensé représenter un bout de ciel je crois) mais il y avait tout de même une certaine émotion suscitée par le souvenir encore frais de cet horrible accident.


Puis nous sommes allés voir « La visite de la veille dame », de Friedrich Durrenmatt. Une pièce vraiment belle jouée par des comédiens vietnamiens, en vietnamien surtitré en anglais ; pas facile au départ à suivre mais au bout d'un moment on s'y fait. La mise en scène était simple et efficace, réalisée par une allemand.
Pour l'histoire :

Le mardi 05 décembre 2006 - aujourd'hui à Saigon, il a plu, plusieurs fois dans la journée, chose qui n'était pas arrivée depuis assez longtemps. L'air est resté frais toute la journée.
CYCLONE DURIAN
Au moins 55 personnes ont été tuées au Vietnam et 26 étaient portées disparues mardi après le passage du cyclone Durian, qui s'est abattu sur le sud du pays après avoir fait plus de 1200 morts ou disparus aux Philippines, a-t-on appris de sources officielles.
Le cyclone, le huitième de l'année dans le pays, a provoqué des vents de quelque 120 kilomètres à l'heure avant de s'affaiblir et de se transformer en dépression tropicale à son arrivée sur les terres vietnamiennes.
Vingt-huit personnes ont été tuées dans la province touristique et industrielle de Ba Ria-Vung Tau, à l'est de Ho Chi Minh-Ville (sud).
Les vents se sont aussi abattus sur le sud du pays en particulier sur le delta du Mékong. Dix-sept personnes ont trouvé la mort dans la seule province de Ben Tre, en dépit de l'évacuation de 3.500 personnes des zones jugées les plus à risque.
Les autorités de Ho Chi Minh-Ville, où environ 8000 personnes avaient été évacuées lundi, se réjouissaient que la capitale économique du pays ait échappé au plus gros de la tempête. Deux personnes y ont cependant été tuées, selon la télévision d'État vietnamienne (VTV).
Les épicuriens doivent leur surnom de pourceau au fait que leur complexion physiologique les détermine : leur existence génère leur essence. A ne pouvoir agir autrement qu'en ami de la terre (...) ces matérialistes se condamnent à fouiller du groin sans même savoir qu'au dessus de leur tête existe un Ciel rempli d'Idées. Le cochon ignore pour toujours la vérité, car seule la transcendance y conduit, et les épicuriens croupissent ontologiquement dans la plus totale immanence. Or il n'existe que cela : du réel, de la matière, de la vie, du vivant. Et le platonisme déclare la guerre contre tout cela et poursuit de sa vindicte tout ce qui célèbre la pulsion de vie.
Le point commun à cette constellation de penseurs et de pensées irréductibles? Un formidable souci de déconstruire les mythes et les fables pour rendre ce monde habitable et désirable. (...)construire des solutions avec le monde et les hommes effectifs ; préférer de modestes propositions philosophiques viables à des constructions conceptuelles sublimes, mais inhabitables ; refuser de faire de la douleur et de la souffrance des voies d'accès à la connaissance et à la rédemption personnelle ; se proposer le plaisir, le bonheur, l'utilité commune, le contrat jubilatoire ; composer avec le corps et ne pas proposer de le détester ; dompter passions et pulsions, désirs et émotions, et non pas les extirper brutalement de soi. L'aspiration au projet d'Epicure? Le pur plaisir d'exister... Projet toujours d'actualité.
La puissance d'exister, Michel Onfray
La puissance d'exister, Michel Onfray

Quand on est à Saigon, on a un peu tendance à oublier qu'on est a proximité de lieux absolument paradisiaques et qu'il ne suffit pas grand chose - juste se mettre en mode pause pour un ou deux jour - pour prendre un avion, un bateau ou un bus et aller passer quelques jours de rêve.

En rentrant de l'expo de posters, Bert me demande ce qu'on a de prévu ce week end. Rendez-vous concrets = 2. Peut-on les annuler? Ben... oui... Objectif : partir en week end. Vendredi matin, on commence à s'organiser. Mails, coups de fils, résa de bungalows, billets d'avions pour aller à... la destination vient juste d'être choisie : l'Ile de Phu Quoc. Mais il est trop tard, le seul avion de la journée part à midi 40 et il est plein (c'est un petit coucou à hélices). Après quelques coups de fil, on nous conseille de courrir à l'aéroport, se mettre sur liste d'attente et de tenter de prendre quand même ce vol. Ce qu'on fait et 3/4 d'heure plus tard, on est dans l'avion pour les plages de sable fin et les eaux limpides de Phu Quoc.

Après deux jours et demi de tranquilité absolue, deux livres et demi de lus, trois diners en amoureux les pieds dans le sable, retour bien remontés lundi matin à Saigon. Quelques vraies photos de vacances pour les amateurs...

...dont le traditionnel coucher de soleil



Queequeg était natif de Rokovoko, une ile très loin dans le Sud Ouest. Elle n'est sur aucune carte ; les endroits vrais n'y sont jamais.
Un programme artistique bien chargé cette semaine avec tout d'abord une petit réunion Wonderful du lundi avec Anna et Jean. Coté Mogas Station, dernier rush avec Rich pour finir de rédiger puis envoyer notre projet pour Venise : un beau projet de vidéo appelé "Rokovoko" que nous comptons réaliser même si le projet n'est pas retenu à Venise - d'où cette citation plus haut que j'avais déjà utilisée pour illustrer notre numéro du 5ememur sur le nomadisme.
Bert et moi avons rendu nos devoirs au consulat de France : la nouvelle charte graphique du programme de l'Idecaf pour Bert et pour moi le dessin (imprimé et animé) pour la carte de voeux du nouvel an. Bert, qui est sourd d'une oreille depuis quelques jours décide d'aller se les faire déboucher dans la rue. Le gratteur d'oreille a été sacrément impressionné par la taille de ce qu'il a extirpé.

Mardi soir, vernissage à la galerie Quynh de l'exposition de Yuk, artiste neé-zélandaise d'origine chinoise, basée à Hong Kong. C'est également la femme de Tobias, un jeune commissaire d'expo que j'avais rencontré à HK lors du symposium. Yuk a présenté une série de dessins, au trait gratté ou tracé sur des traces de brulures formant des nuages noirs sur le papier. Villes vues de haut, hélicoptères, explosions... Alors que les sujets sont violents, les dessins ont une douceur étrange. L'apaisement "post-apocalyptique" (un des titres de ses dessins il me semble).

Mercredi matin, nous avons rendez-vous avec Tay Tong et Keng Sen, les directeurs de 72-13, le lieu à Singapour dans lequel nous organisons "a wonderful week end" une semaine après "Rendezvous2".Ils s'occupent aussi d'un programme dans lequel ils veulent nous intégrer en finançant une nouvelle version de l'atelier wonderful. Ils nous arrangent un petit trip pour Sinagpour dans deux semaines pour venir voir le lieu et finaliser le programme. Puis avec Jun, Rich et Cam, nous rencontrons Carolina, la commissaire d'expo italienne de la prochaine Biennale de Sydney. Plusieurs heures de discussion très intéressantes dans un café d'abord, puis à l'atelier. Enfin Tobias passe à l'atelier une petite heure avant d'aller préparer une projection de vidéos d'artistes du Pearl River Delta présentée au Club Berlin. Quelques très belles vidéos dont celle-ci où on voit un mur de parpaings traverser la route sur un passage clouté... (en fait l'artiste fait avancer le mur brique par brique ; à la fin il est épuisé et a manqué de se faire écraser par des bus et camions pas loin de 200 fois).

Jeudi, un coup de fil de Tiger (la bière) qui trouve le projet "Rendezvous2" génial et parle à bert d'un projet "similaire" développé par leur fondation. Meeting avec la team de Rendezvous pour les stratégies à adopter. Fin d'aprem, un entretien avec une journaliste qui fait un article pour le Los Angeles Time, venue pour saigon open City, elle veut en savoir plus sur ce qui se passe au niveau des autres structures du saigon. Le soir, autre événement artistique, une exposition de posters réalisés par des artistes Neo-zélandais, curatée par Tobias et organisée par albb dans un bar. Les posters sont distribués gratuitement, ce qui donne pendant quelques minutes : ...


Cet après-midi, nous allons assister à l'ouverture officielle de cet événement tant attendu, en préparation depuis deux ans : Saigon Open City. L'intitulé de cette première partie (3 parties sur deux ans) est "Libération".

Juste une petite photo de notre entrée d'immeuble, pour la touche exotique
Comme mentionné dans le précédent post, les autorisations des lieux d'expo n'ayant pas été fournies, une partie de l'évenement est rapatrié dans les locaux de Saigon Open City.
Ca commence par une performance de nos amis les Beers Brothers (Thanh et Hai) de Huê.

Il s'agit d'une vieille performance qu'ils ont recyclée, sur le thème de leur juméléité (pas sûre que ça s'écrive comme ça...). Sur une natte séparée en deux par un voile accroché au plafond, ils font une chorégraphie en miroir avant de commencer à s'attacher et se coudre entre eux en passant le fil à travers le voile. Il y ajoutent aussi des petits papiers sur lesquels il posent leurs empruntes digitales à l'encre rouge.
Suit une autre performance de Le Vu, un artiste de Hanoi. Il est allongé sur le sol et sur lui est allongé son père, en train de lire un poème traditionnel en vietnamien. Il s'agit aussi d'une ancienne performance recyclée par l'artiste.

La dernière performance : Trong Tan, un artiste de Hanoi également et professeur à l'Université des Beaux-arts. Il est une figure importante pour la jeune génération d'artistes vietnamiens.

Il commence sa performance en trainant une grosse chaine de 50 kg (oui, je connais le poids car l'anecdote veut qu'aucun des assistants recrutés pour l'événement n'a voulu aller chercher cette chaine, à cause de son poids, c'est Cam qui est très ami avec Trong Tan qui a aidé à la rapporter du marché). Comme le couloir est très étroit et qu'il y a un peu de monde (enfin pour la taille du couloir seulement, car l'événement n'était franchement pas très peuplé), je n'ai vu pas cette partie, juste entendu le son de la chaîne trainée par terre. C'était assez joli. Puis Trong Tan s'est retrouvé dans une des pièces d'expo, s'est assis, et s'est mis à astiquer la chaîne avec une brosse. Je pense qu'il l'a fait jusqu'au bout.
Sinon, le reste de l'expo, quelques pièces :
La documentation en direct de ce projet de Nguyen Manh Hung, jeune artiste de Hanoi vraiment très talentueux, réalisé avec Bradford Edwards, un artiste américain. Leurs deux pères étaient dans l'armée de leurs pays respectifs pendant la guerre du Vietnam et on donc combattu l'un contre l'autre. Les deux artistes ont réalisé un avion - peut-etre pas à l'échelle 1 mais pas loin, la moitié avec une structure en bambou et l'autre... je ne sais plus mais autre chose... Bon après un performer de Hanoi a fait toute une mise en scène avec un champ de torches et l'avion suspendu au dessus. Il danse sous l'avion.

Puis ces photos de Po po (Myanmar) :

Sinon, deux salles avec de la doc (infos, oeuvres d'artistes) sous la forme de bout de papiers imprimés à l'imprimante de bureau, liée au thème Libération. Quelques oeuvres originales sont mélangées à l'accrochage. Les assistants sont encore en train d'installer, ce qui donne une touche tendance de work in progress... Au milieu d'une de ces salles, une video de Yoko Ono sur un moniteur et des badges qu'elle a créés avec inscrit "Imagine peace"! et des petites lampes-laser cadeaux avec lesquelles ont est invités à dire "I love you" en morse... Hi hi!

Une salle de projection avec des chaises en plastique où on peut voir les films de Chris Marker (en français non sous-titré), Yoko Ono, Christelle Lheureux et Martha Rosler.
Et enfin une espèce de sculpture suspendue (en phase de finition par les assistants) avec une structure en fil de fer recouverte de flacons en plastique de shampoing, réalisée par un artiste indonésien. Je vois toujours pas où il à voulu en venir...
Voilà le programme, bon on pourra toujours dire qu'ils avaient quelques circonstances atténuantes... mais c'est pas jojo quand même...
Puis Rendezvous toujours, qui nous prend vraiment quasiment toutes nos journées et qui m'a fichu une bonne baisse de moral hier, à force de bosser comme un robot sans avoir une minute pour réfléchir et analyser le contenu. Des boulots aussi de graphisme pour Bert et de dessin pour moi à rendre demain et la pièce de théâtre de Karen qui avance et qui sera représentée chez nous dans 3 semaines.
Et puis ce week end a débuté le fameux évenement Saigon Open City, curaté par Jaeb et Tiravanija, le projet remplaçant le feu-Saigon Biennale. Plein d'artistes d'Hanoi sont là, des journalistes, curators venus d'Asie, nous avons reçu les invitations avant hier (le premier événement avait lieu hier, une présentation du travail de Yoko Ono par le directeur du Whitney Museum); vu dans la soirée Cam et Jun qui en font partie et qui n'avaient toujours pas le feu vert pour installer, et reçu hier un démenti du programme, celui-ci ne pouvant pas avoir lieu (pour l'instant) car les autorisations d'exposer n'ont pas été données. Les performances pré-vernissages ont donc été déplacées dans l'enceinte des locaux de Saigon Open City, et pour le reste... à suivre.... Elles auront lieu cet après-midi. Parmi les spéciallement venus pour l'événement, Keng Sen, qui nous a invité à faire ce projet à Singapour dans son lieu. On doit le voir today aussi pour discuter de ça. Aussi Nicolaus, documentariste allemand qui vit au Cambodge et qui nous a invité à participer à une exposition collective qu'il organise à Pnomh Penh. Nous l'avons croisé hier soir, et quand il m'a demandé des nouvelles de mon travail perso, ça m'a filé une bonne claque – non même un coup de poing dans l'estomac. Le fait que je ne puisse pas exploiter en ce moment mes capacités les plus sures – celles de faire de l'art (bah si j'ai passé une partie de la nuit à dessiner pour le rendu de lundi – et puis aussi il y a la video avec Mogas qui est quand même très proche de mes idées de projets perso du moment) commence à me miner gravement. Quynh a repoussé mon expo à l'automne prochain – normal avec tout ce qu'on a à faire jusqu'au printemps, mais ça fait une échéance d'expo en moins, alors que j'ai besoin d'échéances pour avancer dans mon travail.
Ce qui n'a rien arrangé à ma petite baisse de régime du moment a été ce petit mal au dent d'il y a trois jours, qui m'a mené à une « dental clinic » vietnamienne en bas de chez moi - qui n'a rien d'un lieu médical en fait, c'est un business rien de plus – où je suis restée un peu moins de 5h à me faire charcuter sous double anesthésie locale. Je passe les détails sanglants pour ne pas affoler les parents, mais rassurez-vous le lendemain matin je suis allée direct chez une dentiste viet-kieu française (dont le diplôme de chirurgien-dentiste obtenu en France est encadré dans le cabinet), qui m'a rétablit tout ça en deux séances de 15 mn. Sur le chemin du retour de la deuxième séance, je suis passée voir une expo de jeunes artistes de Hanoi à l'association des Beaux-arts. Quelques-unes des pièces présentées, ci-dessous :


Hier soir, défilé de mode à l'Opéra, où nous étions invités par Diem qui montrait sa collection de bijoux, avec quelques très belles pièces. Les fringues présentées étaient une vraie catastrophe, des espèces de fringues de supermarché de très très mauvais goût avec une mise en scène ridicule pour être gentil où rien n'est accordé avec rien. Pas de ligne précise dans la collection, pas de cohérence entre la musique, les fringues et le décor. Même la démarche et les poses des mannequins frolaient le pathétique. Bref, un moment vraiment déprimant. On s'est barrés après la deuxième collection présentée. Il y en avait 6.

"Pour démystifier le cinéma documentaire, il faut dissoudre ce que l'on appelle son sujet." / Guy Debord

Hier soir, vernissage de quelques photos et projection du film documentaire « Les hommes » de Ariane Michel, dans le cadre du FID de Marseille téléporté à Saigon. Le directeur du festival, Jean-Pierre Rehm était là, ainsi que la réalisatrice, Ariane et son copain chanteur-compositeur. Ariane est une connaissance de Delphine, si je me souviens bien c'est par son biais que le projet à aboutit ici. Saisissant « l’opportunité formidable d’une expédition scientifique qui partait explorer l’Est du Groenland à bord du Tara V (ex-Antartica) » -bateau sur lequel Delphine a passé plusieurs mois, Ariane Michel s’est jointe à « des naturalistes qui allaient parcourir des côtes sauvages pour en recenser les espèces. ». La projection a eu lieu à l'Idécaf (le centre culturel francophone subventionné par la France) après un petit verre de vin Sud-africain.
Voili comment ça commence :
« Aux confins d'une mer gelée, un bateau s'approche de la terre. Des silhouettes humaines en sortent, elles paraissent étranges. La glace, les pierres et les bêtes du Groënland assistent depuis leur monde immuable au passage de scientifiques venus un été pour les étudier. »
Au départ, je suis un peu perplexe face à ces paysages qui, j'imagine, sont à couper le souffle, mais qui ici semblent recouverts d'une espèce de voile terne - je suis poutant une pro-esthétique de la fadeur. Ce qui me perturbe pendant tout le film, c'est que je ne sais pas quelle lecture choisir. Est-ce que la qualité de projection est vraiment très mauvaise et que dans de bonnes conditions, on aurait été scotchés à nos sièges par tant de beauté, aveuglés par la blancheur de la glace et par les capuches fluos des personnages? Emus par les petites fleurs colorées qui poussent entre les rochers? Ou est-ce que cette grisaille (Ariane parlera plus tard – après le film - de « douceur ») est une touche volontaire, répendue là pour mieux exprimer un ennui paradoxalement ressenti face à tant de sublime? Je me dis que je préférerais la seconde option, plus intéressante. Il s'averera que la douceur dans les tons était voulue (et surtout conforme à la réalité) mais pas l'expression de l'ennui, et encore moins le désir d'ennuyer le spectateur.
Quel qu'ait été le choix de l'artiste, il me semble que dans un travail comme celui-ci, l'image doit être parfaitement contrôlée. Et de là où j'étais (trop près, semble-t-il), l'effet rendu par les jeux successifs de mise au point (sur un rocher, une fleur)... eh bien tombait totalement à l'eau car jamais je n'ai pu voir un objet totalement net sur l'écran (à moins que ce ne soit ma vue – c'est possible aussi). Ca paraît être un détail, mais il me semble que c'est important. Comme ce seul moment du film (je crois) où on voit nettement que la réalisatrice filme son sujet (un ours polaire) caméra sur l'épaule – peut-etre en super zoom : ça bougeotte et au départ, comme c'est au début du film, on se demande si ça va être un effet de style qui va revenir... Mais non, ensuite le reste est hyper lisse, le mouvement fluide... quand mouvement il y a.
Le point fort, maintenant. Il n'y a pas de dialogue, enfin quasi-pas. Pas de commentaires. Ce n'est pas le silence, mais pas loin. Du coup, les personnages (qui sont donc des scientifiques venus étudier la nature) font des gestes qui nous semblent vraiment très très étranges. La sensation « lost in translation » qu'on peut ressentir quand on débarque dans un pays dont on ne connait pas les coutumes, quand on se demande alors à quoi servent certaines postures – à moins qu'on ne se dise tout simplement que les gens dans ces postures sont complètement fous. Enfin bref, voir ces bonshommes en combi jaune marcher et faire demi-tour, contempler des cailloux, s'allonger sur le ventre, mettre des cartouches dans un fusil dont il ne se serviront pas, lever les mains vers le ciel en formant des angles... nous plonge dans un univers vraiment particulier. Le charme est brisé pour moi quand on voit des mains d'un des personnages récolter du duvet dans une pochette en plastique et mesurer des oeufs reposant dans un nid. Ca nous ramène d'un seul coup à la réalité, nous dévoile ce dont on se doutait mais ce vers quoi on ne voulait pas forcément aller. On revient au documentaire qui explique, d'ailleurs peu après ça arrive la voix, sous-titrée qui va nous en dévoiler encore plus...
Sinon, ben à fond les boulons. Ca gratte, ça gratte, enfin ça tapote sur les touches du laptop plutôt. Rédaction, correction, mise en page. On fignole le dossier pour Rendezvous2 car la chasse au sponsors s'ouvre en début de semaine. Réunion pour le magazine avant hier, pour relancer les troupes. Nous partons sur une nouvelle thématique : la traduction, le titre retenu pour ce numéro est « Babel ». Nous devons aussi envoyer notre demande de soutien pour le mag, qui -je l'ai déjà dit? - est en bonne voie d'être acceptée.

Il y a quelques jours, après plein de rebondissements, notre ami Chico nous a quitté pour rentrer en France. Avec tous mes aller-retours, je ne l'ai pas trop vu pendant son petit séjour chez nous. Le résumé de l'histoire, pour ceux qui n'y auront pas droit parce qu'ils n'habitent pas à Bordeaux par exemple : Chico arrive au Vietnam pour quelques semaines de vacances. Au bout de 3 semaines il part en balade vers le centre, puis le Nord (Baie d'Halong, Sapa...) et pis voila pasqu'on entend parler d'un plan de boulot parfait pour lui : manager d'un resto français assez classe ici, à Saigon. Tic Tac Touc, il appelle, il est quasi embauché, il rentre de son périple dans le nord, entretien, embauche, réponse à donner, mais c'est pas si simple : non, oui et enfin non.

Petit toast pour fêter l'embauche de Chick
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