congelateur

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

sur le bahut

Mardi 14 novembre 2006

Troisième jour, dim sums pour le lunch dans un resto très branchouille avec des cages à oiseau partout. Puis après midi workshop à l'Université chinoise. En fait ça ne change pas trop des deux derniers jours, sauf la configuration de la « scène » qui se retrouve en plein milieu, une grande table circulaire où on est une quinzaine à avoir des micros, casques et pancartes avec nos noms et titre. L'impression de participer au G7. Un peu barbouillée de la vieille qui s'était terminée avec le directeur du Goethe et sa femme, Gregor Jansen, directeur du Musée ZKM en Allemagne et Wonil, un curator coréen sur la terrasse du Fringe. Les workshops ambitionnaient d'être plus détendus mais en fait, c'était assez formel : 3 longues présentations sur les thèmes de la politique culturelle, le musée de Shanghai, la Biennale de Singapour et quelques minutes pour une discussion ouverte.

S'installent à la table ronde : Monsieur Ho, directeur du colloque, G. Jansen, Tobias de Para Site

 Après la sesssion workshop, petite pause douche avant de partir pour une soirée mémorable chez l'ancienne deputy director du Musee Guggenheim à New York, maintenant chairman du board of directors de Asia Art Archive et installée à Hong Kong dans un loft dingue sur Hollywood road. L'appart est situé dans une tour sur les hauteurs de Hong Kong. Dans l'ascenseur, un seul un étage – le sien - n'a pas de bouton mais une serrure, le portier doit tourner la clé pour nous faire monter. L'ascenseur s'élève jusqu'au 24ème étage et s'ouvre direct sur l'appart et sur deux tableaux en 3d de Hung Tung Lu (visu à gauche). Après, on découvre le reste de sa collection d'art contemporain (occidentale dans la partie gauche, asiatique dans la partie droite de l'appart) extraordinaire et, en fond, à travers la baie vitrée, Hong Kong illuminée. Les serveurs en noeux pap nous remplissent les verres , toujours avant qu'ils ne soient vidés de moitié. Je navigue entre la petite équipe d'artistes chinois installés dans le même hôtel que moi (l'organisation a mis les artistes dans un hotel - sauf ma copine Madame Somporn qui a atterri avec nous - et « les autres » dans un autre hôtel, un peu plus chic), David, un jeune curator basé à Bangkok, Claire (qui m'a invitée sur le colloque) et son mari français Benjamin, Ramon, directeur d'un musée à Manille, Weng Choi de Substation et quelques autres débarqués. A 5, nous terminons dans un club, emmenés par Claire et Benjamin.

Vue à travers la baie vitrée de l'appart avec quelques oeuvres de la collection réflétées dans la vitre

Ramon, directeur du Musée de Manille et Eugene, un des curators de la Biennale de Singapour devant deux des pièces de la collection (à gauche, une animation mais je ne sais pas de quel artiste).

Le lendemain matin, j'avais donné rendez vous à 9h Somporn pour aller sur une colline admirer Hong Kong de haut. On prend un bus pour arriver au Peak où il s'agit de traverser un énorme centre commercial situé tout en haut et c'est de la terrasse de ce centre qu'on peut voir le paysage en reniflant les odeurs de MacDo. Dernier jour de workshop encore, même topo, 3 longs speechs : Gregor Jansen présente son centre d'art, intéressant, avec un petit bafouillage entre entertainment qui devient art ou art qui devient entertainment (il montrait des oeuvres interactives faisant la joie de ses enfants à chaque fois), Pooja (l'indienne): son projet regroupant surtout des workshops entre artistes de plusieurs pays d'Asie du Sud (et parfois d'Afrique) et Ramon : son musée à Manille + session ouverte.

The peak, haut d'un batiment

The peak, la vue

Un dernier diner pour remercier et féliciter tout le monde, prendre des photos de groupe, dans un resto avec plein de shows culinaires pour un résultat minimal dans l'assiette, c'était rigolo et au bout de deux heures, on avait quand même plus que trop mangé.

Un des shows interactifs, Somporn invitée à casser la croute de terre du "poulet du mendiant". Plat qui vient d'une légende dans laquelle un mendiant vole un poulet je crois et n'ayant pas d'ustensiles pour le manger tout de suite, le roule dans des feuilles de... je sais plus bananier peut-etre? Et l'enterre. Et quand il le déterre, un peu plus tard, il se rend compte que le poulet s'est imprégnié de la saveur des feuilles.

Tim, un des directeur de Para Site, une galerie alternernative de Hong Kong, Somporn et Lu Ming, artiste chinois qui tient un lieu alternatif également.

Au final, ben plutôt positif bien sûr, plein de rencontres, les présentations étaient en général assez intéressantes, les thématiques un peu des alibis pour que chacun se présente – avec vachement de prise au sérieux quand même. Un focus sur la Chine, et le désir de se démarquer de « L'Ouest », de former des coalitions gentilles entre artistes des pays en voie de développement.

Typique à Hong Kong, un échaffaudage en bambou - mais pas de deux ou trois étages comme à Saigon - sur toute la hauteur d'un building

Lundi matin, j'essaie de partir à la chasse aux petits cadeaux pour les amis saïgonnais, mais on m'indique un centre commercial luxueux où je ne retrouve que nos grandes marques internationales. L'avenue qui me conduit là-bas ne regroupe que des banques et des bijoutiers. Pas le temps de chercher plus, je prend ma navette à midi avec Hui-Chiao (de IT Park) qui prend son avion pour Taipei. Décollage à 16h30 pour Saigon.

Arrivée à l'aéroport

Hui-Chiao

par sandrine publié dans : nomades
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 11 novembre 2006
 

Arrivée hier à l'airport de Hong Kong pour participer à ce symposium intitulé « cultural ecologies : communicating contemporary art in the 21th century ». Un panneau avec mon nom à l'arrivée, on me colle un sticker et on me met dans la navette qui va m'emmener à mon hôtel. La traversée de la ville prend pas loin de 2 heures lors desquelles je peux à loisir admirer cette ville incroyable. Je n'ai aucun point de comparaison, jamais vu un paysage urbain avec une densité pareille. Je me pose à mon hôtel et attaque par une sortie dans la rue que je longe dans un sens puis dans l'autre pour être sûre de ne pas me perdre. A 21h, rendezvous pour un thé avec le directeur du symposium et deux autres intervenantes : Hui-Chiao, la curatrice de IT Park, un lieu d'art à Taipei et Somporn Rodboon qui va devenir ma copine de séjour, une charmante dame d'une soixantaine d'années, prof à l'Université de Chiang Mai et directrice du musée affilié à l'université. Elle ressemble étrangement à Miss Nha de la Blue Space Gallery à Saigon (d'ailleurs elles se connaissent). C'est pour nous briefer pour l'intervention de dernière minute qu'on doit faire ensemble à la fin de la première journée de conférences. Puis je m'aventure un peu plus loin de l'hôtel – deux rues derrière – pour me chercher un truc à manger.

Today, la journée commence à 9h30 dans l'amphithéâtre de l'academie des performing arts sur le thème « Institutional diversity ». La salle est impressionnante avec tous ces gradins et la scène aménagée comme un plateau télé avec un pupitre et un petit salon avec un écran géant au dessus diffusant en alternance les images illustrant les sujets et les têtes en énorme des conférenciers en train de parler! Première conférence tenue par Kim Hong-Hee, directrice de Ssamzie Space en Corée et directrice artistique de la Biennale de Gwanju de cette année. Son intervention mettait l'accent sur le rôle important qu'ont tenu les lieux alternatifs dans le développement de la scène artistique coréenne et de sa renommée à l'étranger. Suivront Sally Tallant, responsable des programmes de la Serpentine Gallery qui a donc présenté Serpentine et notamment les projets architecturaux hyper intéressants qui y ont pris place (Toyo Ito, rem Koolhaas...) et enfin Lu Jie, fondateur de The Long March Project en Chine, un projet hyper intéressant que je vous invite à aller voir sur www.longmarchspace.com.

Après un petit lunch organisé dans l'académie, la session 2 : « active engagement », avec Maggie Tsai, directrice de la fondation Fubon à Taiwan, suivie de Helen Mc Grace représentant Caroline Turner, fondatrice d'Asia Pacific Triennials et de Chang Tsong-Zung, directeur de Hanart TZ Gallery à Hong Kong qui ventait les qualités qui font selon lui de Hong Kong le carrefour stratégique de l'art contemporain en Asie. Puis enfin moi et ma copine de Chiang Mai, notre troisième collègue s'étant enfuie à midi on ne sait pas où. Somporn a décrit brièvement son projet Mékong qui met en place des échanges et workshops avec les pays bordant le Mékong (dont le Vietnam) et puis moi j'avais 20 minutes pour résumer toutes mes activités, de mes réflexions d'artistes à Wonderful, puis Wonderful District et ses activités, et Aart. J'avais mis en fond la vidéo de l'atelier. J'ai débordé un peu mais je crois que ça a été clair malgré mon anglais plus que basique, pas mal de gens sont venus me voir à la fin pour me dire que ma présentation avait été très intéressante : un moment de récolte fructueuse de cartes de visite.

Premier plateau, c'est là que je me suis installée une heure plus tard, sur la canapé rouge

Les gradins

Weng Choi, de la Substation à Singapour, le modérateur de ma session

Ce qui m'a fait un peu bizarre c'est que durant toute cette journée, je n'ai pas cotoyé une personne de mon âge (sauf une fille dans la salle qui a la fin est venu me dire que la vidéo de l'atelier était super). C'est rare quand même, une drôle de situation.

Puis la navette est venue nous chercher pour aller au Centre Culturel où nous attendait une magnifique réception en intro du concert donné par l'orchestre philharmonique de Hong Kong. Le concert était assez surprenant, ils ont joué une oeuvre d'un compositeur chinois en mêlant des instrument traditionnels chinois, une soprano et une chanteuse d'opéra chinois. Malgré les dgzing synchronisés des violons et les voix hyper aigues des chanteuses, je commencais à piquer un peu du nez... A l'entracte j'ai dit à ma copine et à notre chaperonne (qui s'apelle Angel, ça tombe bien) que j'allais peut-etre m'éclipser pour rentrer tranquillou en taxi et zapper la navette de retour à l'hôtel. Du coup elles sont parties avec moi et on a pris le ferry pour aller rejoindre notre quartier en face. C'était magnifique. Et on est allées se manger une petite soupe dans un bouiboui avant de rentrer.

Réception avant le concert


Ma copine de Chiang mai et Poo ja qui vient d'Inde

Vue du ferry

Deuxième jour, raté le réveil et la première conférence. J'arrive pour la présentation de la Tate, suivie de celle la fondation Guggenheim, assez comique où nous sont dévoilées les stratégies pour combler les mécènes. L'après midi petit tour organisé des lieux d'art de la ville. Encore de bons retours du mon pitch d'hier et encore des cartes de visite. Puis le diner officiel et une petite sortie dans un bar sur le toit d'un immeuble.

Dans les locaux d'Asia Art Archive, à la lettre P, 8ème catalogue à partir de la gauche...


Festival des new media arts au City Hall, plein de boulots interactifs, dont ce truc très rigolo où les ombres chinoises de nos mains se tranforment en monstres.

 

Visite de l'exposition de l'artiste chinois Yan Lei au Hong Kong Art Center :

Une photo prise dans la loge de la Villa Arson – surprise! Où l'artiste a fait une résidence.

Peinture représentant le couple d'artistes allemand Eva et Adèle à Kassel – Le plafond du centre Georges Pompidou (je crois)



par sandrine publié dans : nomades
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 8 novembre 2006

En images le déroulement de ces dernières semaines depuis mon retour de France. Le déménagement de Jean et Van dans notre immeuble, le mariage de Fabien et Au Lan, un petit talk donné à albb pour présenter la Biennale de Singapour.

 

Et puis depuis ce retour, à fond la caisse sur les projets en cour. Entre autres sur « Rendezvous2 » qu'on organise à Saigon et « A wonderful weekend » projet pour lequel nous somme invités à Singapour en début Avril.

« Rendezvous2 » est la seconde édition de cet événement autour des cultures digitales que nous avions organisé en novembre dernier. Cette fois, la programmation est plus importante, le projet est prêt, les artistes ok, leur propositions quasi toutes terminées, les lieux principaux sont ok aussi, il nous reste quelques jours pour finir le budget et partir à la chasse aux $.

« A wonderful week end » est la proposition que nous a fait un lieu d'art à Singapour : nous devons y organiser un evenement d'un week end, qui rende compte de ce que nous faisons avec Wonderful District. Comme ça va se passer une semaine après Rendezvous2, il s'agit aussi de profiter de la présence en Asie des artistes européens qu'on fait venir du coup pour un 2 en 1. On leur a donc proposé une programmation expo/conférence/concert incluant 15 artistes qu'on embarque à Singap. Pour ça, pas de sous à trouver, c'est le lieu de Singap qui s'en charge...

Puis vendredi nous sommes « montés » à Hanoi. Ca faisait un an que je n'y avais pas mis les pieds. A cette époque LE TEMPS EST MAGNIFIQUE. C'est comme un printemps francais, chose qu'on a jamais à Saigon. Hanoi est charmante sous ce climat, mais on sait que dans deux mois, ca va virer complètement. Le froid, la boue, les anoraks pourris... Nous sommes venus faire la sortie officielle de notre magazine au Goethe Institut. Toute l'équipe sauf Jun était là. Nous avons fait la sortie dimanche avec une autre installation qui complète les 3 de Singapour : il s'agit une autre caisse pleine de magazines qui semble avoir atterri dans le jardin du Goethe, avec son parachute toujours attaché et emmellé dans un arbre. Nous avions aussi proposé une expo de Gulschan et elle a montré trois grands collages photographiques d'environ 1,75m sur 1,75m , réalisé avec sa technique d'après des prises de vue de nous installant nos 3 pièces à Singapour. Dimanche soir, donc, vernissage, launching du magazine, suivi d'une performance musicale de Vu Nhat Tan (un artiste qui va participer à Rendezvous2 et Singap) et de Nguyen Manh Hung, un artiste de Hanoi.

La petite équipe à l'aéroport de Saigon, départ pour Hanoi : Phuong, Cam, Gulschan, Rich, Bert, Tam

Phuong et Cam

Installation dans la cour du Goethe Institut

Tan et Hung préparent leur petite perf pour le soir.

Petite sieste avant le vernissage dans la salle d'expo (Gulschan, Tam et Bert) : au fond, nos magazines empilés, à droite les collages photo de Gulschan.

Au vernissage, qui débarque? Chico! Le reste de la brochette sur la photo : Tan, Hung, Cam, Delphine, Gulschan

On retrouve ensuite les artistes de Hanoi autour d'une grande tablée dans un bia hoi.

Et la soirée finit au karaoké.

Séance chasse au dvd à Hanoi

Quelques jours à traverser Hanoi pour aller voir les artistes, distribuer les caisses de mags dans les galeries, centres culturels... et puis hier soir, une petite conf pour présenter le magazine, suivi d'une soirée dans la cour du Goethe avec un DJ allemand.

par sandrine publié dans : mogas station projects
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 25 octobre 2006

Une rentrée bien chargée avec maintenant Anna et Jean qui travaillent avec nous sur les projets Wonderful District. A mon arrivée à Saigon, une grande surprise était sensée m'attendre. Depuis deux semaines, Bert n'en pouvait plus d'essayer de ma la cacher. Samedi, à peine une heure après mon atterissage, pour encore dissimuler la surprise jusqu'au dernier moment, Bert me demande de retirer de de l'argent et de prendre mon certificat de Viet Kieu (qui certifie mes origines vietnamiennes), soit disant pour qu'il s'achète une moto, une super-occase me dit-il, une moto automatique pour la modique somme de 12 millions de dongs. Encore complètement sonnée, je réagis un peu quand même - c'est que 12 millions, c'est quand même une somme énorme et en plus on a déjà une moto qui roule et qui nous a couté la moitié de ce prix-là.  Bert me dit que notre moto est en panne, qu'elle est vieille et que celle-là est super. J'essaie de trouver des arguments valables pour le décourager, mais je suis quand même trop fatiguée pour bien argumenter... Il était sensé avoir rendez-vous à 11 heures pour voir la moto. A 10h45, un coup de fil. J'entends Bert jurer, après quoi il me lache le morceau : la moto c'était du bleuf, en fait il s'agissait de Notre lieu, enfin trouvé! Une villa super belle, assez grande, super bien placée dans le District 1, et super super cheap, dans lequel nous étions donc à deux doigts de nous installer pour travailler. Après deux semaines de négociations, ils n'attendaient plus que mon retour pour signer le contrat (encore une des curiosités d'ici, pour cette maison il fallait que ça soit une Viet Kieu officielle qui signe le contrat). Et là 15 mn avant le rendez vous pour signer, le proprio vient d'annoncer que finalement il ne veut plus la louer, il veut y habiter. C'est le grand désespoir dans les troupes, et moi je comprends à moitié ce qu'il se passe. Le soir, un petit bouiboui de fruits de mer pour se remonter le moral...

On y mange des petits coquillages avec des épingles à nourrice...

Dimanche, je dors presque toute la journée. Et lundi, gros débriefing sur l'état des projets en cours et c'est parti. Y a eu de la visite d'importance encore pendant que je n'étais pas là et de la super nouvelle mais je garde le suspense jusqu'à ce que ça soit sûr sûr même si ça semble quasi sûr - superstition...

Petites retrouvailles aussi avec Mogas pour le nouveau numéro du magazine et les détails à régler pour les sorties à Hanoi et Saigon du N°1.

 

par sandrine publié dans : life in Saigon
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 23 octobre 2006
L'aigle est aussi notre emblème national (Benjamin Franklin aurait voulu que ce soit une dinde!). D'ailleurs, Franklin disait à propos de lui : "J'aurais aimé que l'aigle n'ait pas été choisi comme représentant de notre pays. C'est un oiseau doté d'un caractère peu moral. Il ne gagne pas sa vie honnêtement. Vous l'avez sûrement vu, perché sur quelques arbres morts au bord d'une rivière, trop paresseux pour pêcher lui-même, se contentant de surveiller le travail du faucon pêcheur, et lorsque cet oiseau appliqué a fini par prendre un poisson et s'apprête à le porter à son nid pour nourrir sa femelle et leurs petits, l'aigle le poursuit et le lui vole". Tirez-en vos propres conclusions.

Révérend Ethan Acres (ministre du culte et artiste américain) interviewé par Claire Jacquet in 02 N°39

 

par sandrine publié dans : citation
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 22 octobre 2006
Je vais mourir en tant que ville pour renaître en tant qu'homme. (...) Avant de redevenir tout à fait homme, il est probable que j'existerai en tant que parc - sorte de parc naturel où l'on vient se reposer, laisser couler le temps. Les paroles, les actes des autres n'auront que peu d'importance : ils n'apporteront avec eux que leur fatigue, leur ennui, leur désespoir. (...) Au sortir d'une telle manie furieuse de la perfection, personne, naturellement, ne se serait attendu à une évolution qui aboutirait à un parc sauvage; personne, pas même moi; mais mieux vaut, infiniment mieux, en attendant la mort, vivre en état de grâce et d'émerveillement naturel. Infiniment mieux, tandis que la vie progresse vers une perfection de mort, n'être qu'un brin d'espace qui respire, une étendue de vert, un coin de fraîcheur, un petit lac d'eau pure. Mieux vaut aussi accueillir les hommes en silence, les envelopper dans les plis de son manteau, car il n'y a pas de réponse à leur faire tant qu'ils se ruent comme des fous pour voir ce qu'il y a de l'autre côté du tournant.

Henry Miller, Tropique du capricorne

par sandrine publié dans : citation
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 22 octobre 2006

 Le jour même où je retrouve mon petit chez moi à Saïgon, s'ouvre l'expo Welcome Home, "parcours initié par Ipso Facto les 21 et 22 octobre 2006, à Nantes" et ainsi mon expo chez Mai et Christophe.

Voici le petit texte rédigé pour l'occasion par Mai.

Sandrine Llouquet

Présence des fantômes

Elle se déplace dans l’appartement, avec cette démarche furtive et discrète d’un chat en chaussettes noires au port de tête délicat et aux iris si sombres qu’on ne parvient à distinguer ses pupilles. La tête à peine penchée, elle s’absorbe quelques minutes, ni rapides, ni longues, le temps d’observer un mur, une porte, une couleur, une distance. “Vous avez de la peinture blanche, un crayon de papier, une gomme et une règle ?”, demande-t-elle. Avec cette non-extravagance dans le choix des matériaux, avec ce tout dans la simplicité, et peut-être même teintée de pudeur bienveillante, elle s’adapte et contrôle à la fois respectueusement l’environnement. Face à cet in-situ bancal et complexe parce que quotidien d’une sphère familiale inconnue, très éloigné du white cube dédié, elle s’engage complice sur le terrain des questions intimes de l’enfance.

Figures d’agitateurs muets quasi invisibles au-dessus du monochrome blanc fraîchement peint, les fantômes blancs sur le fond jaune du mur de la cuisine sautent dans le vide, petits et gros, rient, discutent ou fuient, ils sont comme La Linéa de L’Île aux enfants de nos années 1970 qui nous aurait incidemment révélé que la vie était loin d’être une ligne droite toute tracée telle qu’on aurait voulu nous faire croire.

Dans le couloir de l’appartement, nœud central et neutre comme un espace public anodin, derrière les portes duquel se cachent l’inaccessible secret de nos vies privées, les wall-drawings au trait de crayon de bois reflètent dans une proportion parfaite les deux portes des enfants savamment calculée selon leur taille réelle indiquée sur une portion de mur. S’échappent des silhouettes de personnages qu’elle crée numériquement, des émanations de démons exorcisés, exhortés de télé, de mangas, de pokemon et autres figures électro-virtuelles des années 2000, sauf qu’elles auraient toutes en plus un truc bizarre, anormal, une tête coupée, une corne sur la tête, des bras démesurés, des pieds d’aigle. “Je peux expliquer le processus, mais dire d’où ça vient, je ne sais pas. De ma vie ? De quelque chose que j’ai vu dans le journal ?”, nous dira-t-elle.

A hauteur d’enfants ou de vietnamiens (ce que nous sommes en partie) et suspendue pour l’une d’elles devant le grand miroir, quatre peintures sur rhodoïd exhalent de cette transparence, qui loin de se rendre synonyme d’une quelconque vérité dévoilée, au contraire se plie à n’en voir qu’une partie de réalité souvent terrifiante – comme le pitbull – ou du moins inquiétante et étrange, comme une mise en relief de la vision de l’artiste qui au détour de la multiplication du flux des images quotidiennes n’en prélève qu’un substrat sensible.

Mai Tran (octobre 2006)

 ainsi que la traduction d'un extrait du texte écrit par Quynh lors de Troi oi!


Sandrine Llouquet pratique un art de la perturbation joyeuse, banale et fantastique.
La contradiction est au cœur même de son travail – un dispositif qu’elle emploie fréquemment pour subvertir la realité et suggérer de nouveaux regards. Par l’utilisation de matériaux incongrus en relation étroite avec ses préoccupations, l’artiste provoque anxiété et confusion chez le spectateur, suivis étrangement par un sentiment d’acceptation de ces images anormales.

Adapter son travail à l’environnement n’est pas question d’après-coup, mais partie intégrante du processus artistique. Pour elle, “l’adaptation au lieu et au contexte est une qualité nécessaire non seulement pour vivre au quotidien mais aussi pour l’artiste contemporain”. Le travail de Llouquet se développe, intrinsèquement fructueux, prolifère, et puis il s’altére pour devenir part entière de l’environnement.

Rarement rattaché à un seul theme, son travail s’inspire de sources variées, d’éléments de son histoire personnelle aux événements relayés par les medias relevés par “hasard”. Malgré cela, il existe un lien qui semble connecter l’ensemble de son travail : l’idée de transformation. Qu’ils subissent une transformation ou soient déjà métamorphosés, les figures, creatures et objets de son travail apparaissent à l’aise, naturels, même banaux dans leur nouvelle condition.

Llouquet offre un espace à ses sujets, les réduisant à des simples et ambigues images qu’elle montre sans ostentation. Que ces sujets ne soient pas compliqués suggère leur potentiel d’interprétations à plusieurs niveaux. Eludant les sens figés, ils ont la capacité de susciter une réponse puissante des spectateurs à travers leur manque de caractéristiques remarquables. Comme les silences en musique, le vide créé dans les environnements autour de ses sujets ajoute une tension à la composition générale (...)


Quynh Pham (novembre 2005)

(traduit par Mai Tran)

 

 

 

par sandrine publié dans : my job
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 22 octobre 2006
Ce jour-là, j'erre par les petites rues, derrière un aveugle qui joue de l'accordéon. De temps à autre, je m'assieds sur un perron et j'écoute jouer un air. A l'Opéra, la musique n'a pas de sens; ici, en pleine rue, elle prend tout juste la nuance de démence nécessaire pour devenir poignante. La femme qui accompagne l'aveugle tend une sébille en fer-blanc; elle aussi participe de la vie, comme la sébille, comme la musique de Verdi, comme l'Opéra Metropolitain. Tout être, toute chose participent de la vie, mais lorsqu'on a fini d'additionner, il manque toujours un je ne sais quoi, qui fait que l'on n'obtient pas encore la vie. Quand donc y a-t-il vie, me demandé-je, et pourquoi pas maintenant? L'aveugle poursuit sa course errante; moi je demeure assis sur mon perron.


Je suis le gorille qui se sent pousser des ailes, un gorille ivre de vertige au ventre d'un vide immense et satiné, la nuit même grandit et pousse, telle une plante électrique, lançant en gerbe ses bourgeons chauffés à blanc dans la nuit veloutée des espaces. Je suis cette nuit des espaces, nuit de la nuit, où les bourgeons explosent d'angoisse – étoile de mer dans l'océan gelé des rosées lunaires. Je suis le ferment d'une folie nouvelle, un faux-semblant vêtu de mots intelligibles, un sanglot enfoui comme une écharde au coeur vif de l'âme. Je danse la danse très raisonnable et adorable du gorille angélique.

Henry Miller, Tropique du capricorne

par sandrine publié dans : citation
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 22 octobre 2006

18 retour à Paris, déjeuner avec ma cousine Nathalie, petite visite à ma copine Talie et ses enfants.

Talie et sa fille Anna

Grosse épidémie dans la famille du KB, Emmanuelle, Franck et les petites, tout le monde est au lit. Changement de programme pour la soirée, donc que je passe avec ma cousine Christelle elle aussi avec ses deux enfants et son mari, à Chatillon.

19, déjeuner avec Lisbel, on va voir ensuite l'expo de Philippe Mayaux, le frère de Fred. Puis je vais au Plessis-Trévise chez ma mère, diner chez ma soeur Hélène à Vincennes.

20 au matin, ma mère m'emmène à l'aéroport. Décollage à 14h. Vers 16h, on nous sert le diner. Une heure plus tard, les lumières s'éteignent, « on dirait que ce serait la nuit et qu'il faudrait dormir... ». Je sens que ça ne va pas aller pour moi, je ne vais pas pouvoir jouer le jeu... Mon écran de télé est cassé, ma lumière aussi (mais cassée dans le bon sens, elle est allumée et ne peut pas s'éteindre, ce qui me permet au moins de lire), l'hotesse s'excuse mais l'avion est rempli et on ne peut pas me bouger de place. A 23h, les lumières se rallument : « Et voilà! C'est le matin! ». On nous sert le petit déjeuner et nous arrivons à Saigon. Il est 7h, heure locale. Je me suis trompée d'une heure en donnant mon heure d'arrivée à Bert. Je l'appelle à l'arrivée, il s'apprétait à prendre un taxi pour venir, du coup il reste à m'attendre chez Madame Café en bas de la maison.

par sandrine publié dans : tourist
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 22 octobre 2006

Si l'on est pas crucifié, comme le Christ, si l'on s'arrange pour survivre, pour continuer à vivre et à dominer, à dépasser le sens du désespoir et de la futilité, alors se produit un autre et non moins curieux phénomène. Il semble que l'on était réellement mort, puis que l'on est ressuscité, réellement aussi; on vit une vie surnormale, à la façon des chinois. Autrement dit, on est gai plus que nature, et sain même, et indifférent. On a perdu le sens de la tragédie : on continue à vivre comme une fleur, un rocher, un arbre, ne faisant qu'un avec la nature, en même temps que dressé contre elle. Si votre meilleur ami vient à mourir, vous ne vous souciez même pas d'aller à l'enterrement. Si vous voyez un homme renversé par un tram à vos pieds, vous continuez votre route comme si de rien n'était; si la guerre éclate, vous laissez vos amis partir pour le front, mais vous ne portez vous-même aucun intérêt au massacre. Et ainsi de suite, à l'infini. La vie devient un spectacle, et si par hasard vous êtes artiste, vous enregistrez la représentation au fur et à mesure. La solitude est abolie parce que toutes les valeurs, les vôtres comprises, sont anéanties. Il n'y a que la sympathie qui fleurisse, mais ce n'est pas la sympathie humaine, la sympathie bornée – c'est quelque chose qui tient du monstre et du mal. Tout vous devient si égal que vous pouvez vous payer le luxe de vous sacrifier pour n'importe qui ou quoi. En même temps l'intérêt, la curiosité que vous portez aux choses se développent à une vitesse outrageante. Il y a là aussi matière à suspicion, puisque cela signifie que vous attacherez autant d'importance à un bouton de col qu'à une cause profonde. Il n'existe plus de différence fondamentale, inaltérable, entre les choses : tout n'est que flux, périssable. La surface de l'être s'émiette continuellement et pourtant l'intérieur est plus dur que le diamant. Peut-être est-ce l'existence de ce joint central, dur, magnétique, en dedans de vous, qui fait que les autres viennent à vous bon gré mal gré. Une chose est sûre : s'il vous arrive de mourir et de ressusciter ainsi, vous appartenez à la terre, et tout ce qui appartient à la terre devient votre propriété inaliénable. Vous devenez une anomalie de la nature, un être qui a perdu son ombre; vous ne connaissez pas de seconde mort; vous ne ferez que passer, comme les phénomènes qui vous entourent.

Henry Miller, Tropique du capricorne

le petit animal de compagnie de Flo, Mag et leur collocataires : une chaussette

 

par sandrine publié dans : citation
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus