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Etape 3 : Montpellier

N'ayant jamais parlé vietnamien avec ma famille ici, je suis gênée si on me force à la faire. C'est comme parler en anglais ou en allemand à table avec ses parents qui ne sont ni anglais ni allemand pour réviser ses cours. C'est utiliser le dialogue comme exercice et non pas pour communiquer réellement. J'ai toujours eu horreur de ça... Conceptuellement ça peut tenir la route, mais bon dans la vie, quand on voit sa famille une fois par an et qu'on doit leur faire comprendre entre les mots qu'on les aime bien quand même..., je ne trouve pas que ça soit si pertinent...
Voilà, du coup, ce midi quand a voulu s'imposer cette nouvelle règle du jeu, j'ai eu un peu de mal... J'ai trouvé ça très triste car la conclusion immédiate de mon refus de jouer le jeu – avant même que je n'aie commencé à raconter ce que je faisais à Saigon – a été que nous vivions en vase clos à Saïgon en ne fréquentant que des français et ne sachant pas parler un mot de vietnamien. Triste car bien sûr il y a une part de vrai : je pourrais parler mieux viet si je faisais plus d'effort et y consacrais plus de temps. J'ai tenté une défense un peu foireuse en bredouillant que Non, on ne voyait pas que des français, et Si, on parle un peu viet. Au fur et à mesure du repas, même si l'ambiance s'est détendue, j'ai cru comprendre qu'on me soupçonnait d'être une néo-colonialiste (mes impressions étaient peut-être aussi amplifiées par un début de fièvre, car je crois avoir attrapé un coup de froid hier).
Alors forcément, une fois de plus, je me remets en question...
Peut-on créer quelque chose et le faire entrer en relation avec un public en dehors de chez soi – pas seulement en dehors de son pays, mais en dehors de sa maison ou même de sa chambre – sans être dans une attitude colonialiste? Est-ce que toute forme de création et d'innovation n'est pas une forme de colonialisme?
Après coup, j'ai essayé d'imaginer ce que ça aurait pu donner si par exemple toutes nos réunions pour le magazine s'étaient faites en vietnamien. C'est vrai après tout, il n'y en a qu'un dans le groupe (Rich) dont c'est la langue maternelle. Mais bon si on s'était contraints à ne parler que viet, aurions-nous pu développer tout ce qu'on a fait? Le magazine aurait-il le même contenu? Aurions-nous pu comprendre le travail des gens présentés à l'atelier, et écrire correctement dessus? Ca c'est clair que non, on n'aurait pas fait un tiers de ce qu'on a fait.
Est-ce que nos actions en elles-mêmes ne sont pas respectueuses de leur contexte et des gens?
Enfin, tout ça est toujours un peu agaçant, c'est bien dans un sens car ça relance cette question de l'honnêteté. Je me remets à jour avec mes motivations, sont-elles toujours les mêmes? Est-ce que j'arrive toujours aussi bien à me mentir? Est-ce que je tiendrai le coup jusqu'à ma mort en me disant que je n'ai pas honte de ce que j'ai fait dans ma vie?
Lundi, un petit tour à la galerie Cortex, où je passe un moment avec Thomas qui se prépare pour la FIAC.

Puis aprem avec Seydou à visionner des vidéos d'étudiants pour une éventuelle compilation à présenter pour "Rendezvous". Nous finissons par convenir de proposer la thématique aux étudiants ("Oxygène") et de les laisser travailler dessus. Petite visite des nouveaux locaux de Fabio...

Le soir, un petit diner de filles avec Ilda et sa petite soeur Marjo, Bambou, Eva, Catherine et Miss Nat.


Mardi, petit dej avec Thierry Davila puis un petit tour au Capc où je revois tout le monde et passe un petit moment avec Eric et Martine. En vélo, sous un vent glacial, je m'arrête à la place des Quinconces en remarquant que c'est l'automne. Ouhlala, c'est joli... Plein de feuilles qui recouvrent le sol... Au retour, je me prends une averse et me refugie dans un supermarché où je trouve.... du Maggi pour madame Café!

Vendredi, déjeuner avec Catherine, puis un tour à la galerie Cortex pour voir l'expo de Nico et puis Danne m'a invitée le soir dans un joli et délicieux resto de Mérignac.
Petit week-end à Bordeaux qui a commencé par une virée avec Danne au garde-meuble où sont stockées nos affaires pour récupérer des catalogues et stocker les vieilles Bds de Bert. Puis un déjeuner chez Peps, le père de Bert avec Anne-Laure, sa petite soeur, accompagnée de son petit rat. Ballade en vélo avec Ilda. Petit diner chez elle avec Fabio avant de rejoindre Le Check et Alice, Juju et Bambou chez Stan et Eva.


Aujourd'hui, c'est le premier dimanche du mois et dans cette charmante ville modèle (où les élections municipales vont êtres anticipées pour permettre à Alain Juppé de redevenir maire plus vite), c'est la journée sans voiture et la journée où les musées sont gratuits (mais les expositions sont payantes, ce qui fait qu'en fait les musée sont payants – mais grâce à la carte magique d'Anna, je peux rentrer gratos). Après un petit saut chez Fabio, et parce que "La visite des musées de Bordeaux est l'occasion d'un étonnant voyage à travers l'art et l'histoire de l'humanité" (dixit site de la Mairie de Bordeaux), nous allons visiter le Musée des Beaux-arts et le Capc. Sur les quais nous slalomons entre les bambins en patins à roulettes, trotinette ou vélo. Au Capc une expo plutôt intéressante d'Alicia Framis avec, dans la nef, ses vidéos où la caméra tourne autour de ses personnages figés alors que le temps qui continue de s'écouler est perceptible à travers des objets du décor qui eux ont oublié de s'arreter. Au premier étage, une collection de vêtements fabriqués avec des matériaux pare-balles, anti-feu et « anti-chien », mis ensuite en situation lors de performances contre la violence. Le reste m'a laissée franchement sceptique : une pièce intitulée « mur-murs » (haha!) où les murs sont parsemés de trous où on peut glisser des papiers sur lesquels on est invités à écrire nos secrets avec de l'encre sympathique, une autre seulement réservée aux femmes, où elles peuvent écrire sur les murs leurs préoccupations...)



Capc : Alicia Framis
Parcours de SDF à Paris. Après une journée au Plessis- Trévise avec une petite sortie à Bercy pour emmener ma mère et ma grand-mère voir A scanner darkly – où je suis encore tombée par hasard sur une autre rencontre saïgonnaise, je pars après le dinner cher Olive, où je passe la nuit. Petite douche du lendemain matin chez Florent où je passe récup quelques affaires avant de rejoindre Flopi au Musée d'art moderne pour la visite de l'expo Dan Flavin.


Café post-déj dans le 13è avec Flopi, ma mère, grand-mère et oncle puis retour à Iéna pour la visite du Palais de Tokyo, puis du musée du quai Branly.





Soirée avec Fred et Lisbel, chez qui je passe la nuit. Last day in Paris avec un RV avec Raphaelle, une amie de Tam, pour lui filer quelques magazines, à Beaubourg où je me fais fouiller mon sac de chaussettes sales à l'entrée. Tour des galeries du Marais avec Nicolas Haute, puis je retourne chez Flo prendre le cartons de prototypes de Mathieu Mercier. Atelier de Mathieu dans le 20è, apéro avec Benoit à Belleville, diner chez Paul Devautour dans le 19ème, fin de soirée avec Flo et Magali et Olive à République pour fêter son anniv. Nuit chez Flo avant de prendre mon train de 8h pour Bordeaux.

Arrivée à Bordeaux, sous le soleil. Et premier jour à zoner dans la ville. Par chance, je suis tombée sur Sophie alors que j'étais attablée à un café de Saint Michel avec mes bagages éparpillés autour de moi. J'ai pu les déposer chez elle avant d'aller aux Chatrons tenter de résoudre quelques problèmes de communication avec ma banque. Un petit saut dans notre ancien appart, si délabré que ça me fait frois dans le dos. Puis Danne, la maman de Bert vient me recupérer et je pars m'installer chez elle pour quelques jours.


Le tramway de Bordeaux, toujours pas prêt aux Chartrons
Bon ben voilà après plus d'un an sans avoir remis les pieds sur le territoire français, me voici à Paris.
Les derniers jours avant le départ, alors qu'on avait a peu près planifié les projets de cette année (la sortie du mag à Hanoi et à Saigon puis le 2ème numéro à commencer, nos expos respectives à la galerie Quynh, l'expo à Pnomh Penh, Rendezvous n°2, le nouveau lieu qui est peut-etre trouvé (on attend la réponse)...), plein de nouvelles propositions nous sont arrivées. Boulot à l'Ecole Colette pour Bert, Organisation d'un évent pour une grosse boîte, site web de Saigon Open City et en prime je suis invitée 5 jours à Hong Kong en Novembre à participer à un colloque intitulé : "Communicating Contemporary Art in the 21st Century". J'ai aussi passé une partie de l'avant veille du départ avec Petra à lui montrer quelques lieux à Saigon, nous avons notamment fait la fameuse ballade en bateau, celle où on emmène tout le monde...
Atterrissage donc hier matin à CDG, Florent mon frère et sa copine mag sont venu me chercher, nous sommes allées chez eux prendre un bon petit dej avec de bons croissants et j'ai laissé une bonne partie de mes affaires là-bas, notamment les 3/4 des magazines et les prototypes de Mathieu Mercier (ah oui j'avais oublié de préciser que je lui ai ramené la moitié de ses protos - pas lourd mais sacrément encombrant). A midi, déjeuné avec Mai et ses copines et leurs enfants. Un grande table de fille. Bon sorry, j'ai oublié tous les noms. J'étais pas vraiment fatiguée par le voyage vu qu'il s'est fait de nuit, mais tout était un peu flou quand même... Je crois que la première arrivée était Gwen, qui avait lancé le magazine O1 et qui jusqu'en juin dernier était assistante de Nan Goldin. Puis il y a une autre amie dont je n'ai pas retenu le nom qui fait fabriquer des fringues au Vietnam et qui va débarquer à Saigon en fin octobre. Mai est à la recherche de billets pas chers pour pouvoir venir à Saigon à Noel.
Après le déjeuner, je rejoins Florent et mag rue Louise Weiss. Comme assez souvent, c'est assez décevant et nous avons eu une petite discussion très intéressante avec Mag et Flo pour qui le contact avec l'art contemporain est difficile parfois - et voir ça n'aide pas, bien au contraire. Ce n'est pas le personnel de la galerie ou le galeriste qui va faire l'effort de faire le médiateur avec l'oeuvre qu'il présente. Je retrouve la proportion habituelle d'oeuvres intéressantes / nombre d'oeuvres vues. Eh oui, c'est sûr que quand on ne voit pas souvent d'art contemporain (pour lui donner un nom), on est pas sensé se douter que quand même de temps en temps on peut voir des choses très très biens.
Puis, direction le Kremlin Bicetre où je rejoins Franck (beau-frère de Bert) et la fête du Kremlin Bicetre ou sont Emmanuelle, la soeur de Bert, Arice et Alienor, les petites nièces... Des ballons, accrochés aux arbres, des gamins partout partout partout, des jeux, des stands de maquillage... En fait, toutes les associations du Kremlin Bicetre qui font la fête, si j'ai bien compris la leçon de Franck et Emmanuelle. Et là, sur la pelouse, en plein fête du kremlin Bicêtre, voilà pas sur qui je tombe.... un ex-saïgonnais! : Quang, qui avait géré une petite galerie avec Khanh à Hoi An et qui avait fait une petite expo de photo dans la galerie de Craig (Hanoi Studio) à Saigon... Avec ses gamins, lui aussi parce qu'il habite juste à coté, au KB. Soirée et nuit chez Franck et Emmanuelle, joujou avec les filles ce matin, dessin au fautre pour textile sur les culottes d'Arcicie, qu'autrement elle refuse de mettre...

Et en fin d'aprem, métro, RER et bus pour regagner le Plessis-Trévise, où habite ma mère et où j'ai moi aussi vécu euh 7 ans je crois (mon plus long séjour quelque part il me semble).


J'ai contacté tous mes frères et soeurs vivant actuellement tous à Paris (ou pas loin): Florent et Hélène mais aussi de l'autre coté (celui de mon père) : Olivier, Eric, Florence. C'est la première fois que sont rassemblés en même temps tous mes petits frères et soeurs. Certains ne se connaissaient pas encore. On à tous diné ici, méga tablée, avec aussi Magali, Medhi le copain d'Hélène et aussi la copine d'Eric. Et ma mamie de passage à Paris.

Quelques essais pour l'expo chez Mai et Christophe à Nantes :




LONDRES (AFP) - "Recherche hobbit, désespérément". Plus d'un millier de jeunes, tous obligatoirement petits, se sont retrouvés lundi devant l'un des plus célèbres théâtres de Londres pour tenter de décrocher un rôle de hobbit dans la prochaine comédie musicale "Le Seigneur des Anneaux".
Lundi. Une petite réunion avec Franz Xaver, le directeur du Goethe institut à Hanoi, où nous allons faire le lancement Vietnam du magazine. Nous lui avons proposé une expo de Gulschan et avons programmé ensemble le reste de l'évenement : la suite de notre instal de Singapour (un autre larguage de magazines sur Hanoi), une conférence quelques jours après et une soirée avec un DJ allemand. Petra, une commissaire d'expo allemande est venue avec lui et reste encore quelques jours pour ses recherches. Nous l'avions rencontrée à la Biennale de Singapour. Hier, petit diner avec elle, Phuong et Cam avant de retrouver toute la troupe au Xu.
Je prépare mon programme de folie de France. Voir tout le monde, expos, films, distrib. stratégique du magazine...
Ce soir, encore un départ, celui de Tac, qui retourne en France après son stage à l'Idécaf. Byebye Bruno - y a des chances pour qu'on le revoie bientôt ici...

Hier soir, nous avons fait notre rentrée culturelle à Saigon, en allant au vernissage de l'expo de Cam. Enfin nous avions fait déjà une première tentative la veille en allant voir au centre culturel francophone "Le petit lieutenant" qui a bouleversé plusieurs personnes dont je respecte le sens critique, ce qui m'a laissé un peu songeuse car je n'ai pas du tout été receptive à ce film. Au bout d'un moment, après le début de la projection, je me suis dit que je devais être en train de rater un truc car je n'arrivais pas à voir plus loin qu'un espèce de téléfilm policier qui tente d'être - forcément - réaliste (enfin je ne suis pas vraiment une spécialiste non plus de ce genre de trucs). Mais bon dans cette volonté de jouer dans un registre proche du docu, je trouve que c'était presque sur- (et parfois mal) joué (je vais me faire des ennemis). Enfin bref ça ne m'a vraiment pas du tout émue, même pas cette fameuse scène de la fin qui m'a laissée perplexe... Je suppose que ça doit être une réalité que je n'ai pas envie de connaître, le coté moche, chiant et pas sexy de la réalité. Tout ça si bien que quand les lumières se sont rallumées et que Bert m'a dit : "ouaw c'était super bien!", je suis restée une seconde interloquée avant d'éclater de rire ; je croyais qu'il me faisait une blague.
Hier donc, autre lieu, la galerie Quynh, autre programmation : l'expo des récentes photos de Cam.


Première version raccourcie de l'article que j'ai écrit pour la revue Noi That sur cette série :
1919. Sur une reproduction bon marché de la Joconde de Léonard de Vinci, Marcel Duchamp ajoute une moustache et une barbiche, faisant de celle-ci un des plus célèbre travesti du monde. Au bas de l'image, il trace au crayon un sigle de cinq lettres - L.H.O.O.Q. -, plaisanterie phonétique en francais à connotation graveleuse.
En adoptant un ton similaire, Hoang Duong Cam joue avec les images qui constituent le patrimoine culturel vietnamien et occidental. Le geste iconoclaste qui préfigure ses montages photographiques nous rappelle au travail de sape des catégories traditionnelles de l'art effectué par les artistes du mouvement Dada au début du 20eme siecle.
Hoang Duong Cam utilise la photographie pour transgresser la réalité et non pour la reproduire. On pourrait comparer sa methode à celle du sampling en musique. Il s'accapare des oeuvres déjà existantes, les découpe, les distort afin de créer une nouvelle forme. Ce transfert n'a pas vocation à l'analyse des images-sources et à leur processus de fabrication mais soulève plutot la question fondamentale de l'économie des images à l?ère de la reproduction.
Les référents semblent avoir été manipules d'une facon désinvolte. Ce qui en résulte verse tantôt dans la photographie ratée (sujets flous, mal cadrés ou cachés, bouts de mains ou de doigts qui apparaîssent en premier plan...) tantot dans la blague carrément potache (lorsque les mêmes doigts mîment une interaction ludique avec les sujets photographiés).
Lors d'un séjour a New York, Hoang Duong Cam joue le touriste candide lorsqu'il retourne, appareil photo en main, photographier quelques pieces de la collection du Metropolitan museum, en feignant comparer les oeuvres qu'il découvre avec ses propres référents culturels.
Ainsi une peinture de Lucian Freud - qu'on discerne à peine tant elle est floue - apparait à l'arrière plan de la main de Cam tenant une petite reproduction de la célèbre Jeune fille au lys, peinture réalisée par l'artiste vietnamien To Ngoc Van. Non perceptible au premier abord, un détail se manifeste quand on observe de plus près cette reproduction: c'est le visage de Cam qui remplace celui de la jeune fille. Le geste est semblablement grotesque à celui de Duchamp avec sa Joconde et aborde la meme question de l'identité sexuelle de l'artiste et de son modèle, avec en écho la peinture de Lucian Freud représentant un nu masculin. (...)
Cette fluide liberté d'association d'idées et de formes se retrouve dans toutes les compositions de la série de Hoang Duong Cam. Dans Untitled, attack - sculpture - protect, la sculpture Splotch #3 de Sol Lewitt, installée sur le toit du Metropolitan Museum, renvoie au panorama visible à partir de cet emplacement. Les buildings se dressent au fond, tandis qu'au premier plan les stalagmites colorés de Splotch #3 semblent concourir, dans le même élan, à toucher le ciel de New York. Grossièrement incrustée dans cette image, une photographie découpée représentant une sculpture révolutionnaire vietnamienne vient participer à ce même mouvement ascendant : les forces de la nation (ouvriers, paysans, militaires) sont réunies, bras et fusil dressés vers le ciel. La verticalité de la composition est accusée par la main de Cam qui apparaît, presque irréelle, comme une présence divine. Etrangement énorme et tournée à l'inverse vers le bas, elle vient rétablir l'équilibre de la scène tout en achevant de brouiller notre perception de la réalité.
La présence du touriste est forte dans la série realisee au Metropolitan museum. C'est lui qui donne vie au musée. Ici, son statut équivaut à celui de l'oeuvre photographiée à ses côtés. On le voit se reposer, téléphoner, poser pour une photographie de famille, mais rarement en train de contempler une oeuvre, participant ainsi au processus de désacralisation de celle-ci.
Il y a quelque chose du plan d'architecte dans les montages de Cam, ou la présence des personnages - ici, des touristes - semble vouloir donner une indication d'échelle. Or cette notion est constamment remise en cause et ne fait au contraire qu'accentuer la dimension irréelle de la scene. Les constructions de Cam sont résolument absurdes et s'éloignent dans un espace qui n'est pas réel mais mental. Elles soulevent par la même un sujet philosophique de taille: celui de la différence entre la réalite matérielle et son interprétation par l'esprit de l'Homme.
Car si le travail de Hoang Duong Cam peut sembler au premier abord fraichement ludique, il s'avère être une puissante allégorie de ses questionnements profonds. Telle celle, fameuse, de la caverne de Platon, elle met en évidence la difficulté des Hommes à changer leurs conceptions des choses, les résistances au changement, l'emprise des idées reçues. Elle designe aussi cette idée abstraite d'une harmonie existante entre toutes les choses, de leur interelation invisible. La main de l'artiste, à l'image du shaman, s'affaire littéralement à reunir les choses, au lieu de les séparer.
(...) l'oeuvre de Hoang Duong Cam fait partie des rares à s'inscrire dans une continuation logique de l'histoire de l'art vietnamien. Son intérêt prononcé pour l'histoire de son pays et l'intégration même d'éléments historiques dans ses oeuvres participe à cette implication.
D'autre part ses images, qui semblent peu se soucier d'imposer une échelle réaliste, sont étrangement proche dans leur composition des peintures de propagande qu'on trouve encore de nos jours dans les rues vietnamiennes. Dans ces dernières, la consciente disproportion des éléments et leur association sur le mode du rebus, concourt à la communication d'un message précis de facon directe.
A la difference de nombreux peintres contemporain chinois qui ont assis leur popularité sur une réappropriation du style réaliste socialiste à des fins cyniques, Cam joue avec les codes de la peinture de propagande vietnamienne pour l'élever vers un niveau d'abstraction probablement inédit.
Petit diner organisé après le vernissage...




Phuong / Gulschan, Philip et Cam motivant les troupes pour la suite...
Aterrissage en douceur sans sortir de notre petit nid depuis plusieurs jours. Nous avons dépassé le périmètre de notre rue et de celle de derrière deux fois pour aller chercher mon billet d'avion pour la France. Bert s'entraine pour son set de DJ et je prépare la petite expo de Nantes qui aura lieu en fin octobre.
Un petit retour sur la Biennale pour vous faire découvrir non pas les aventures de Martine à la plage, mais de Justin à la Biennale. La proximité avec les oeuvres dont le public bénéficait étant un des grand avantages de cette biennale, certains, comme Justin, en ont profité pour jouer avec le maximum de pièces possibles. Un petit aperçu:

Sinon, encore quelques images sur le site de Asia Art Archive : http://www.aaa.org.hk/newsletter_sgbiennale06.html
J'ai donc mon billet pour la France. Départ le 22 septembre et retour le 20 octobre. Un petit tour de France en passant par Paris, Bordeaux, Montpellier, Avignon - et Marseille bien sur!!, j'avais oublié - et Nantes où je vais donc installer cette petite expo chez Mai et Christophe qui aura lieu dans le cadre d'un événement organisé par la Galerie Ipso Facto. Vernissage le 21 octobre, je crois. Je serais dans l'avion du retour...
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