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Tu sais ce que je pense? La plupart des gens, à quelques exceptions près, traversent la vie persuadés que l'existence et le monde sont ou doivent etre fondamentalement logiques et consistants.
(...) Dès qu'il arrive quelque chose, dans la société ou sur un plan individuel, il y a toujours quelqu'un pour dire : « il s'est passé ceci, et par conséquent, il en a découlé cela », et les autres acquiescent en disant : « Oui, bien sur, c'est logique. » Mais moi, je trouve que ça n'explique rien. C'est comme de mettre un mélange instantané pour flan dans un ramequin à couvercle et de le passer au micro-ondes. Quand la sonnerie retentit, on soulève le couvercle et on est sur de trouver un flan dessous. Mais qui sait ce qui s'est passé entre-temps sous le couvercle? Si ça se trouve, le flan s'est métamorphosé en macaronis au gratin avant de redevenir un flan au moment où retentit la sonnerie.
Haruki Murakami, Chroniques de l'oiseau à ressort
J'essaie de me remettre à mon boulot, avec comme première échéance : Bale en Juin. J'ai envie de me construire une petite maison à l'intérieur de ma maison, de m'enfermer à clé de l'intérieur.
tests d'apres la video filmée au Palais des Glaces du Parc Damsen
dessins sur plexiglas
De retour à la maison (la maison, c'est le deuxième immeuble à partir de la gauche, le blanc, notre balcon est celui du premier étage, avec la clim accrochée au dessus de la fenetre). Période un peu creuse, période d'attente (des autorisations, des réponse des sponsors, des réponses pour les projets avec Mogas Station...), avec une envie de fermer les portes de l'appartement et de faire semblant de ne pas etre là, de faire de chez nous notre espace privé, ne serait-ce juste que pour quelques jours.
Dans quelques jours, nous prenons l'appartement du dessus (celui avec les murs extérieurs peints en saumon sur la photo) pour en faire nos bureaux à partager avec Jean et Anna. L'appart est magnifique et les proprios sont en train de finir les travaux de remise à neuf. Hormis quelques frayeurs (nous avons échappé aux murs roses dans l'entrée, à des dalles en céramique avec des motifs faux-bois pour le sol et à des appliques lumineuses à fleurs) c'est finalement très beau, tout blanc comme on voulait, sauf les pleintes en céramique marron avec des motifs vegetaux et les portes en plastique avec des dauphins pour les toilettes.
Van ; petite séance de pédicure dans le couloir de madame Café au rez-de-chaussée
Deux jours après notre retour de Con Dao sont arrivées Danne, la maman de Bert, avec son amie Anne-Marie.
Attente à l'aéroport de Saigon
Retour de trois jours sur une des iles de l'archipel de Con Dao, le cerveau toujours en mode PAUSE. Nous étions donc (avec Anna, Bruno, Quynh et Rob, Tam et Gulschan et leurs amis Nico et Isa venus de France) sur l'ancienne Poulo Condore (l'Ile aux courges), où siègent encore les ruines du fameux bagne eponyme (fermé à la visite durant notre séjour malheureusement). Trois jours de baignade, sieste, panne de moto, balade en bateau, parties de cartes, avec, le 31, un réveillon champagne et langoustes qui s'est fini en karaoké et le 1er, l'anniv de Tam pour lequel nous avons envahi la cuisine de l'hotel afin de faire cuire les confits de canard apportés par Bruno.
Embarquement à 8h...
sur le bateau, le lendemain du reveillon...
Et maintenant me voici à Honolulu. C'est l'heure de la pause
- L'heure de la pause, dis-je tout haut pour voir.
Haruki Murakami, Dance Dance Dance.
Aujourd'hui dimanche 24 décembre. On a décidé de ne pas travailler. Mais pour le début de semaine prochaine, encore un max de choses à finir.
Ce matin j'ai fait un reve. Le premier dont je me souvienne depuis celui avec Ronnie Mac Donald englué dans une porte comme dans du chewing gum, il y a plus de six mois déjà.
Là, on était à table, comme dans une cantine, une grande table parmi plein de grandes tables, je suis avec des gens que je connais, dont Bert. Je ne sais pas qui exactement sont les autres, juste qu'ils font partie de mon entourage proche ; des gens que je connais bien. Tout le monde est servi, sauf moi : je n'ai pas d'assiette. Je me lève pour aller en chercher une. Je fais le tour des autres tables, pour voir s'il n'y a pas une place en trop avec une assiette en trop, petit à petit je me mets à courir. Je ne sais pas trop où, mais je cours, et je croise de temps en temps - mais pas trop, 4 ou 5 fois seulement - d'autres personnes qui comme moi courent pour chercher soit une assiette, soit à manger...
Puis, le train s'apprete à partir... Hein? Quel train? Et là je m'apercoit qu'en fait la table où j'étais installée était en fait dans un train, duquel je suis descendue sans me rendre compte pendant ma course, et qui est maintenant en train de démarrer... Je cours pour le rattraper, j'arrive à sauter sur une des marches du train, mais c'est celle de la seule porte qui n'est pas ouverte. Agripée à la porte du train qui part, je fais signe au chef de gare pour lui dire que la porte est fermée et je commence à me demander si je vais tenir accrochée longtemps lorsque le train prendra de la vitesse... Le chef de gare me fait un signe genre "Pas de soucis!".
La porte s'ouvre, quelqu'un que je connais est juste derrière, il me tends la main et me fait monter dans le train. Le temps de reprendre mes esprits et je m'aperçois que dans ce compartiment il n'y a que moi et un chien géant orange avec des genouillières marron. Je bondit sur la porte pour passer dans le compartiment d'à coté, le chien semble très pacifique, mais j'ai peur. Je passe à coté, claque la porte et Bert me réveille pour le ptit dej....
Joyeux Noenne!
Lundi 25. Mega intox alimentaire ou virus, on ne sait pas. Tous ceux qui étaient au resto avec nous pour le reveillon sont comme nous HS toute la journée.
26. Avec Cam nous allons au parc Damsen, pour faire des repérages pour ma nouvelle video. Un parc d'attraction avec un max de trucs kitchs et surtout... le Palais des Glaces!!
La premiere version de carte de voeux que j'ai faite pour le consulat - dans la seconde, les deux pastilles ont pris la forme des cartes du Vietnam et de la France... Comme c'est de circonstance:
BONNES FETES!
Toujours, Onfray
Un peu a la bourre l'invit pour la performance, avec un de mes dessin avec un graphisme fait par Bert. Et puis ça:
Karen Maldonado
Formée au studio théatre du CRDC de Nantes, la comédienne française Karen Maldonado intègre la prestigieuse compagnie Royal de Luxe en 1995. Du fameux « Peplum » en 1996-1997 à la récente production de 2004 « La visite du sultan des Indes sur son éléphant à voyager dans le temps », Karen Maldonado a parcouru le monde pendant 8 ans, participant au grand déploiement de cette poésie magnifique signée Royal de Luxe, jouant dans les rues, sur les places, dans la brousse africaine, dans les arbres... - partout où le public peut se laisser surprendre- à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, sur des durées variables allant de quelques minutes à... 5 jours non-stop.
Installée depuis un an à Ho Chi Minh ville, elle poursuit sa carrière d'actrice et a présenté récemment sa dernière création « Pendant la chute j'ai pensé », une performanceen solo theatrale et dansée, à l'Atelier Wonderful.
Que Karen Maldonado intervienne dans le registre du théatre, de la danse ou de la performance, toujours, l'objectif semble rester le meme : comment insuffler un peu de poésie et d'émotion à ce monde desenchanté dans lequel nous vivons.
« Il doit bien y avoir quelque part un coin où il fait bon vivre? / Quelque part de doux, tranquille, où le temps passe autrement? / Il doit bien y avoir une autre façon de voir la vie? »*
En 1997, Karen joue « La maison dans les arbres » avec Royal De Luxe: Pendant deux jours, des (vrais ou faux?) ouvriers installent un grillage de jardin autour d'un arbre du centre-ville. Le troisième jour, une entreprise y place des arrivées et des évacuations d'eau, des éviers, l'électricité... Le jour suivant, les déménageurs disposent les meubles dans les branches, les suspendant comme des marionnettes à fils. L'appartement enfin terminé, des locataires s'y installent et y vivent d’une facon absolument normale durant 5 jours et 4 nuits. La situation n'est pas seulement cocasse ; plus que cela, elle invite le passant-spectateur à envisager sinon un ailleurs, au moins un autrement, une « autre façon de voir la vie ».
«C’est ici que je suis / et voilà mon corps qui danse sur du verre »*
Les deux années suivantes, Karen joue avec la compagnie de danse contemporaine Moleskine : « Manureva », une pièce déjantée créée par Laure Bonicel. Là encore, la pièce invite à poser un regard critique sur la réalité, en proposant « ce que pourrait etre le Paradis d'aujourd'hui », un aujourd'hui limité au reve « préformaté », prêt à etre consommé. Il s'agit de la première collaboration de l'actrice avec une chorégraphe. Dès lors l'expression corporelle devient une composante essentielle dans son travail de comédienne.
Elle entame une seconde coopération avec Laure Bonicel en 2001 (« Diva »), puis présente au Vietnam « Nu », une performance chorégraphique associée au concert de Laurent Garnier durant le festival de Hue en 2002.
En 2003, elle auto-produit et présente à Paris « Hija de Puta », sa première création combinant théatre et danse. Il s'agit d'une pièce où elle joue seule le personnage d'une écorchée vive au destin tragique.
« Je suis descendue dans la vie comme on descend d’un toboggan, / expulsée dans un cri / et j’ai reçu une bonne tape sur les fesses en arrivant. »*
C’est par cette phrase empruntee a « Hija de Puta » que commence la toute dernière création de Karen Maldonado, jouée en décembre 2006. Résultat d'une mise en scène qui tente de défier les règles du théatre classique, « Pendant la chute j’ai pense » défile à travers une succession de tableaux à l'ambiance très cinématographique, melant les textes de trois auteurs (Sarah Kane, Xavier Duringer et Karen elle-meme). La pièce dévoile avec une violence sublimement retenue la degringolade progressive du personnage, incapable de survivre dans un monde dénué de poésie ; un sentiment de douleur universel exprimé ici par les mouvements ou les pauses du corps et par des mots, beaux et durs à la fois, roulant comme les perles d'un chapelet qui viendrait d'etre éclaté contre un mur.
« Je suis venue à vous dans l'espoir d'une guérison / Pour me défendre. / Pour exciter, surprendre, fasciner, choquer, intriguer, divertir et séduire les autres.»*
SL
*in « Pendant la chute j'ai pensé », Sarah Kane, Xavier Duringer, Karen Maldonado
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