congelateur

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sur le bahut

Dimanche 22 octobre 2006

Si l'on est pas crucifié, comme le Christ, si l'on s'arrange pour survivre, pour continuer à vivre et à dominer, à dépasser le sens du désespoir et de la futilité, alors se produit un autre et non moins curieux phénomène. Il semble que l'on était réellement mort, puis que l'on est ressuscité, réellement aussi; on vit une vie surnormale, à la façon des chinois. Autrement dit, on est gai plus que nature, et sain même, et indifférent. On a perdu le sens de la tragédie : on continue à vivre comme une fleur, un rocher, un arbre, ne faisant qu'un avec la nature, en même temps que dressé contre elle. Si votre meilleur ami vient à mourir, vous ne vous souciez même pas d'aller à l'enterrement. Si vous voyez un homme renversé par un tram à vos pieds, vous continuez votre route comme si de rien n'était; si la guerre éclate, vous laissez vos amis partir pour le front, mais vous ne portez vous-même aucun intérêt au massacre. Et ainsi de suite, à l'infini. La vie devient un spectacle, et si par hasard vous êtes artiste, vous enregistrez la représentation au fur et à mesure. La solitude est abolie parce que toutes les valeurs, les vôtres comprises, sont anéanties. Il n'y a que la sympathie qui fleurisse, mais ce n'est pas la sympathie humaine, la sympathie bornée – c'est quelque chose qui tient du monstre et du mal. Tout vous devient si égal que vous pouvez vous payer le luxe de vous sacrifier pour n'importe qui ou quoi. En même temps l'intérêt, la curiosité que vous portez aux choses se développent à une vitesse outrageante. Il y a là aussi matière à suspicion, puisque cela signifie que vous attacherez autant d'importance à un bouton de col qu'à une cause profonde. Il n'existe plus de différence fondamentale, inaltérable, entre les choses : tout n'est que flux, périssable. La surface de l'être s'émiette continuellement et pourtant l'intérieur est plus dur que le diamant. Peut-être est-ce l'existence de ce joint central, dur, magnétique, en dedans de vous, qui fait que les autres viennent à vous bon gré mal gré. Une chose est sûre : s'il vous arrive de mourir et de ressusciter ainsi, vous appartenez à la terre, et tout ce qui appartient à la terre devient votre propriété inaliénable. Vous devenez une anomalie de la nature, un être qui a perdu son ombre; vous ne connaissez pas de seconde mort; vous ne ferez que passer, comme les phénomènes qui vous entourent.

Henry Miller, Tropique du capricorne

le petit animal de compagnie de Flo, Mag et leur collocataires : une chaussette

 

par sandrine publié dans : citation
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Samedi 14 octobre 2006
Le sujet de l'homme sérieux a été abordé pour la première fois par Sartre dans La Nausée, dans une formidable galerie de portraits de citoyens respectables, les salauds. Il devint par la suite le thème central du roman de Camus, L'étranger. Le héros du livre, l'étranger, est un homme ordinaire qui refuse tout simplement de se soumettre à l'esprit de sérieux de la société, qui n'accepte pas de se confronter aux obligations des fonctions qu'elle lui attribue. Il ne se comporte pas en fils à l'enterrement de sa mère – il ne pleure pas ; il ne se comporte pas en mari – il refuse de prendre le mariage au sérieux au moment des fiancailles. Comme il ne prétend pas être ce qu'il n'est pas, il est un étranger que personne ne comprend, et il paye de sa vie cet affront à la société. Refusant de jouer le jeu, il est isolé de ses congénères par une totale incompréhension, et isolé de lui-même au point d'en perdre sa faculté d'expression. Dans une dernière scène, juste avant sa mort, le héros parvient à fournir une sorte d'explication, laissant entendre que pour lui la vie possédait un tel mystère et une si terrible beauté qu'il ne jugeait pas nécessaire de « l'améliorer » par des artifices de bonne conduite et d'inutiles faux-semblants.

Hannah Arendt, L'existentialisme français, publié dans The Nation, 1946

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Vendredi 13 octobre 2006

...

Pour être authentiquement vrai, le vrai doit être communicable (...) nous ne sommes ce que nous sommes que par la communauté de la compréhension consciente réciproque.

Jaspers

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Jeudi 12 octobre 2006
 Il s'agit d'aborder un exotisme nouveau. Non plus un exotisme dans le sens tropical ou géographique, mais temporel et quotidien, un « espace à quatre dimensions » pour en « arriver très vite à définir, à poser la sensation d'exotisme : (...) qui n'est que le pouvoir de concevoir l'autre ».

(Introduction catalogue Pierre Huygues, Celebration park / dernière citation de Victor Ségalen)

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Mardi 10 octobre 2006

La nuit dernière, achevé de lire Battle Royale, dont la couverture avait finalement réussi à m’attraper lors de ma deuxième incursion à la FNAC : couverture rouge, gros pavé, un titre qui sonne bien film de kung fu, situé en tête de gondole, gros stock visible, ce qui laissait supposer de sa qualité de best seller. Bon en gros ; l’histoire se déroule dans un futur proche dans un Japon dirigé par un dictateur fou. Tous les ans, une classe de troisième est choisie au hasard et les élèves sont enfermés dans un endroit où on les oblige à s’entretuer pour recueillir diverses statistiques sur le temps mis par le dernier survivant pour exterminer le reste de sa classe. Pour cela chaque élève est doté d’une arme différente, ça va de la fourchette à l’UZI. Une horror-métaphore un peu simple du système japonais, mais bon, je me sentais prête pour un petit divertissement littéraire de vacances… Au final, on ne peut pas dire que l’écriture soit d’une extrême finesse – à moins que ça ne soit juste un problème de traduction, et puis le but de l’auteur n’était probablement pas de se répandre en prouesses stylistiques. Certains événements au cours de l’histoire ont aussi un petit air de navet hollywoodien, comme par exemple quand une des méchantes confesse dans un des grands moments d’émotion du livre qu’elle s’est faite violée quand elle était enfant. Mais bon vu qu’on sait qu’à la fin, il n’est sensé n’en rester plus qu’un, le suspense est là, et c’est dur de ne pas dévorer le bouquin en un temps record. Donc à la fin de ces 600 pages de boucherie absolue (cervelles explosées, yeux creuvés, tripes à l’air bouffées par les corbeaux), j’ai pu m’endormir paisiblement sans même avoir peur d’aller faire pipi dans le noir…

 

 

Réveillée par un coup de fil de Bà-Nôi qui s’inquiète que je m’ennuie toute seule (mon père est parti travailler) et qui veut me rappeler l’énorme paquet de gâteaux et chocolats qu’elle m’a donné « pour grignoter quand je m’ennuie ». Ben oui, mais le truc c’est que je ne m’ennuie jamais… Je ne sais pas m’ennuyer… C’est grâve, Docteur ?

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Samedi 22 juillet 2006

Voici une citation tiree du dernier mail de Bert qui est maintenant a Bordeaux :

. le soir on a été manger au fameu x resto de danne, le Hoi an... et le mec du resto, un viet de mon age, habitait encore l'année derniere au 78 nguyen trai !!!! incroyable !! il allait prendre son cafe chez madame cafe!!!! il y retourne dans 15 jours, alors on va se voir la bas .... pour un café !!!...>>>>>

 

alors Danne c'est la maman de Bert

78 Nguyen Trai c'est la porte d'a cote de chez nous

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Dimanche 16 juillet 2006

from "Totally Fucked Up", "The Doom Generation" et "Nowhere" de Gregg Araki.

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Jeudi 15 juin 2006
La législation américaine interdit les contenus «obscènes» et, entre 6 heures et 22 heures, ceux qui sont considérés comme «indécents» sur les chaînes hertziennes. La FCC définit l'indécence comme la description d'organes ou d'activités sexuelles susceptibles de choquer, rapportés aux «standards de la communauté contemporaine». Cette définition est suffisamment floue pour provoquer quantité de plaintes.

 

tout l'article

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Mardi 13 juin 2006
Le subit engouement des institutions et collectionneurs francais pour un jeune artiste vivant a New York depuis son plus jeune age, Jules de Balincourt, prend aujourd'hui valeur de symbole : Balincourt, premier artiste de la diaspora francaise? Si l'on considere le nombre important  d'acteurs du monde de l'art francais, jeunes ou moins jeunes, qui sont en passe de partir pour l'etranger ces temps-ci, la formule n'est pas totalement gratuite. Il suffirait de publier la liste des artistes francais vivant plus ou moins regulierement a Berlin pour s'en persuader. Mais cette vague d'exils, au-dela de ce qu'elle revele sur une societe francaise bloquee, n;est-elle pas egalement une chance pour une scene artistique  restee trop longtemps cannibale de sa propre histoire? Le 'grand inventaire de la scene artistique" du Grand Palais (...) semble poser une question : "Qu'avons-nous?", dans tous les sens de l'expression.

Nicolas Bourriaud, in Art Press 2 no 1

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