L’annee derniere, c’est de ma chambre d’hopital avec une Kim-Ly agee de
quelques jours que j’avais pu suivre a distance le lancement du Mois de l’image et les projets que nous y avions presentes. Cette annee, comme je l’ai deja evoque, Bertrand a ete invite officiellement par Jany comme commissaire d’expo et a
propose une serie d’expos individuelles (dont une de moi) a Sanart pour occuper de facon active la totalite du mois. Il a egalement propose sous Wonderful et Jetlag de programmer des projections de films et performances musicales
et video a The Cage et 3 soirees. Les projets a The Cage font partie du off du Mois de l’image.
Quand les « representants d’un certain type de francais » travaillent avec un autre « certain type de francais »
Pour aider un peu Bert, je prends en charge la partie cafe-bibliotheque
de son projet curatorial a Sanart rebaptise pour le mois « Temporary Wonderful Zone ». Nous avons pu commencer l’installation la-bas mardi matin malgre de graves problemes financiers
concernant notre partie. Nous avions oublie que travailler avec les financements de l’etat francais est quasiment impossible pour des structures comme la notre (sans statut ni tresorerie) car
contrairement une institution, nous ne pouvons pas nous permettre d’avancer les gros frais de production d’expo, d’installation, communication – ce que nous sommes obliges de faire, l’argent
n’etant pas arrive. Apres que Bert ait appele le consulat pour leur demander de reagir sans quoi il lui etait impossible de mettre en place les expo, grace aux efforts conjugues de Yannick et
Marine, une partie du budget a pu etre avance quelques jours avant le lancement du Mois de l’image, ce qui nous a permi au moins d’avoir et de tester les videoprojecteurs avant le vernissage.
Aujourd’hui, 4 jours apres le lancement du Mois de l’image, nous n’avons toujours pas les sous restant. Nous qui etions senses reprendre le projet du Mois de l’image avec Khanh l’annee prochaine,
dans ces conditions, on ne voit vraiment pas comment ca pourra etre possible...
1er soir : vernissage a la Galerie Quynh
Jeudi 2, tout est a peu pres sur place a Sanart, mais il y a des fuites
et avec la pluie, la galerie est innondee. On ne peut pas finir l’installation. Le soir, c’est le premier vernissage du Mois de l’image a la galerie Quynh : le travail de Samuel Rousseau, un
artiste venu de France pour l’occasion, avec trois installations video tres poetiques. Une belle occupation subtile de l’espace.
2e soir : vernissage aux Beaux-art et soiree d’inauguration a The Cage
Vendredi 3, c’est le vernissage officiel aux Musee des Beaux-art.
Toujours a l’initiative de Bert pour densifier un peu le Mois de l’Image, nous organisons la soiree d’inauguration suivant le vernissage a The Cage, avec en premiere partie le celebre groupe de
heavy metal vietnamien Black Infinity avec lequel Thierry travaille, puis une grosse soiree avec DJs et VJs et 4 videoprojections plein mur. Nous n’avons pu installer que le jour meme car comme
tous les soirs il y avait une soiree la veille et avons fini in extremis juste avant 8h (heure du debut de la soiree). Du coup nous n’avons pas pu aller au vernissage au Musee des Beaux-arts, ce
qui fut une grosse erreur. Mais dans notre facon de fonctionner, en effet, lorsque que nous devons choisir entre finir un travail a temps et aller se montrer a un vernissage, on choisit de finir
le travail... Mais forcement, tout le monde ne voit pas les choses de la meme maniere... C’est vrai qu’en tant que commissaire, Bert, s’il avait pu se liberer, aurait du etre present lors du
speech inaugural meme s’il n’etait pas prevu du tout qu’il parle... Mais voila dans le vif du travail, personne d’entre nous n’a songe a tout laisser en plan pour assister a ce protocole. Alors
que nous etions dans le rush de l’installation a The Cage, Bert a envoye un texto a Marine pour l’avertir qu’il ne pourrait pas etre present. Il pensait qu’il irait de soi que lors du speech,
s’il venait a etre nomme, quelqu’un aurait pu preciser qu’il ne pouvait pas etre present car il finissait de mettre en place la soiree d’inauguration et de la ca aurait ete l’occasion d’inviter
tout le monde a y venir... Mais ca n’a pas ete le cas et le lendemain, Bert s’est pris une engueulade monumentale par Philippe, le curator invite de France, en public au milieu du vernissage de
l’Idecaf. Il se disait le representant d’un avis general et que tout le monde a ete choque de son comportement (absence au vernissage), representatif « d’un certain type de francais »
(quel type ? beuh... bizarre comme expression...en attendant cette expression est devenu notre slogan pour le mois de l’image...) et qu’il allait en referer au plus haut
lieu.
La soiree a the Cage a vraiment ete une reussite. Un bon melange des
publics avec cette programmation melant heavy metal en live, puis les sets de DJs et VJs.
Olive
Emilie
3eme soir : vernissage a l’Idecaf et a Sanart
Le lendemain donc, fin de l’installation de notre Temporary Wonderful
Zone et de l’expo de Thierry a Sanart car le programme du soir est : vernissage a 18h a l’Idecaf, puis a 19h a Sanart.
Idecaf, c’est le boulot de Truc (Ngo Dinh Truc) et du francais
Allavena. Accrochage classique au mur, neons blafards, une table d’ecole au milieu de la salle avec les programmes du mois de l’image... Des micros sur pied au milieu de la salle d’expo pour le
speech.
Pour le vernissage de Thierry, beaucoup de monde etait la. Ca a commence
a s’entasser dans la galerie et surtout devant la vitrine a partir de 18h30. Son installation tres minimale est composee d’une structure construite en tubes d’alu et plexi noir, comme un tres
grand ecran noir dont le dos, visible par le public, ressemble a un echafaudage ou a une partie de gradin. Sur la surface en plexi noir sont projetees les representations d’une guitare Gibson et
d’une basse Fender, instruments iconiques du rock. Une bande son, comme la derniere note d’un concert prolongee a l’infini, englobe l’espace et laisse le visiteur en suspend, en attente de
quelque chose.
Lors du vernissage, Thierry a fait une performance dans la partie arriere
de la structure, avec deux des membres du groupe Black Infinity. Les 3 acteurs etaient visibles de l’exterieur de la galerie, a travers la vitrine mais le son qu’ils jouaient, d’un volume sonore
convenable de l’exterieur, secouait les entrailles des gens une fois a l’interieur. Tous les trois etaient vetus de capes de moines, dans le genre « Le nom de la rose », comme s’ils
d’adonnaient a un rituel.
L'instal de Thierry
Sa perf
Savonnade
Donc juste avant ca, big savon a l’arrivee a l’Idecaf pour Bert qui en a
ete ebranle toute la soiree et encore maintenant... Avec le peu de sommeil habituel et accentue ces derniers jours d’installation, toute l’energie deployee de facon exponentielle jusqu’a
maintenant, l’effet a ete d’une violence terrible. Du coup, en voyant Monsieur le Consul, et le pensant lui aussi gravement offense, Bert est alle s’excuser aupres de lui d’avoir rate l’official
vernissage. Sur quoi le consul lui a repondu que ce n’etait pas grave, le principal etant qu’il ait ete cite lors du speech. Ca avait l’air sincere mais n’etait-ce que de la diplomatie ?
Est-ce que lui aussi avait ete en realite « CHOQUE » ? Ce qui est decevant aussi, c’est que nous avions trouve tres sympatiques les quelques artistes du projets qui avaient pu
venir de France. George Rousse et sa femme vraiment adorables, Paul Pouvreau tres sympa... Mais bon puisque que c’est l’ensemble des acteurs du projets qui, parait-il, avaient ete offenses, on
peut considerer maintenant que cet avis n’est pas reciproque...
A Bert, autre chose (a part son absence au vernissage aux Musee) lui
(nous) a ete reproche egalement : j’avais ete invitee a la conf de presse en tant qu’artiste bien sur, mais aussi par Minh (chargee de communication de l’evenement) en tant que redactrice
pour Noi That vu que c’est moi qui couvre l’evenement pour ce magazine. J’ai pose deux questions, et il parait que le fait que je pose des questions alors que je suis une des artistes a semble
« inadmissible pour plusieurs des personnes presentes ». Certainement que ces personnes ne savaient pas que j’etais ici pour representer un magazine local mais meme dans ce cas, je ne
vois pas ou est le probleme si un artiste pose une question... Je pensais aller dans le sens de l’evenement en posant des questions susceptibles d’apporter aussi des elements aux autres
journalistes presents, un peu de matiere a developper... enfin bon...
En fait la premiere question a concerne le off. Elle visait en premier
lieu a reparer une confusion et un oubli dans la presentation qu’ont fait les commissaires.
Pour cela il me faut remonter a une autre polemique ayant precede le mois
de l’image la semaine derniere: les supports de communication de l’evenement ont ete faits par Bert et valides par Jany avant son depart.
Or voila les faits : Sur l’invitation en forme de depliant, chaque
lieu d’exposition prend un volet du depliant. Donc un volet pour la Galerie Quynh, un autre pour le Musee des Beaux-arts, un pour l’Idecaf et un pour Sanart. Par contre sur le programme distribue
plus largement – lui meme egalement sous la forme d’un depliant- chaque volet correspond a une expo. Donc voila le probleme : Alors que chacun des 3 premiers lieux a une seule expo
(individuelle ou collective), au Sanart, il y en a 3 (une par semaine). Ce qui fait, si vous me suivez bien : 1 volet pour le Musee, 1 pour la
galerie Quynh, 1 pour l’Idecaf et... 3 pour Sanart... Le dos du depliant quant a lui presentait le off. Ce qui fait que tous les evenement attribues
directement a Bert prenaient beaucoup de place... Ce qui n’a pas manque d’enerver et de faire jaser les gens. Un des commentaires entendu a ete que le off prenait le dessus sur le in (la partie
« in » de Bert etait consideree comme du off illegitimement integree dans le « in »)... Enfin voila quoi : des petits, tout petits trucs.... petits petits.... faut bien
alimenter les discussions de comptoirs de la communaute francaise...
Bref a la conference de presse, apres une introduction faite par le
directeur du SCAC, Philippe, premier commissaire, commence la presentation du Mois de l’Image, suivi de Khanh (deuxieme commissaire) qui plus ou moins reprend en viet ce qu’a dit Philippe et
termine en passant la parole a Bert « qui va vous parler de sa partie off ». Pris un peu au depourvu car il devait parler de sa partie « in » avant tout autre chose, Bert a
rectifie un peu et a parle des expos a Sanart et a juge bon de ne pas parler du tout du off pour ne pas trop en faire... Or (je me mets a la place du journaliste) on nous a dit 10 mn plus tot
qu’on allait nous parler aussi du off... donc voila : ma premiere question consistait tout simplement a savoir ce qui composait ce « off »).
Deuxieme question que j’ai posee un peu plus tard, le choix des lieux
d’expositions. J’ai demande comment ce choix avait ete fait : par defaut (car peu de lieux disponibles a Saigon) ou pour aller dans le sens d’une certaine lecture des oeuvres ? Car il
avait ete dit juste avant qu’il etait important dans cette edition du Mois de l’image de montrer de la photographie « plasticienne » plutot que de a photo « clic-clac » se
contentant de capturer le reel.
Les expos a l’initiative du consulat sont systematiquement organisees au
Musee des Beaux-arts par ce qu’il est de tradition de le faire et que c’est un des seuls grands endroit utilisable pour une large expo. Ce choix ne se fait donc peut-etre pas toujours de facon
reflechie, mais je me disais que si les curators developaient un peu cette idee de revendiquer le statut d’oeuvre d’art de la photo, mettre l’accent
sur le choix du Musee des Beaux-art cette fois-ci aurait pu etre judicieux. L’eventail des lieux aussi allant du musee a la galerie commerciale en passant par la galerie associative et le lieu
d’enseignement me semblait interessant a relever. Mais bon j’ai visiblement fait une entorse au protocole et cela qui est reste en memoire.
Un autre point aussi, dont on a pas eu d’echo, mais qui je pense a pu
etre sujet a polemique aussi, c’est le fait d’avoir ete choisie comme artiste par Bert. Ben oui, le commissaire d’expo place sa femme dans l’expo. Certains pourront dire que ca ne se fait pas.
C’est un point de vue. Sauf que (meme si ce n’est pas a moi de le dire), ca fait des annees que Bert soutien a fond mon travail en croit en sa qualite. C’est un vrai debat, un commissaire doit-il
s’interdire de montrer le travail d’un de ses proches simplement parce c’est un proche ? Ce qui est vrai aussi c’est qu’on est pas les derniers a ironiser sur ce genre de situations quand il
s’agit des autres...
Dimanche : conference a Sanart et Labo Wonderful a The
Cage
Journee a Sanart avec Kim-Ly pour laisser Tang se reposer un peu quand
meme. Mais Tang est passee avec son mari Hoc pour lui montrer l’expo et ca c’est vraiment genial. C’est dingue car tout ca est a des kilometres de ce que qu’elle connait mais elle est hyper
curieuse et interessee. Sinon, pas grand monde qui passe meme pour la petite conf que donne Thierry a 15h pour presenter son travail. Ca se passe « en famille », une petite dizaine de
personnes passe. A partir de 19h a The Cage, petite programmation video de Stephane et live musical compose par Rob avec Stephane aux visuels.
Visite du petit Sacha avec ses parents dimanche a San Art
Today lundi, une journee plutot calme a faire la permanence a San art, le matin avec Kim-Ly et Tang. Une dizaine de personnes en tout est passee.
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