jjj WONDERFUL IN SAIGON jjj
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"Pour démystifier le cinéma documentaire, il faut dissoudre ce que l'on appelle son sujet." / Guy Debord

Hier soir, vernissage de quelques photos et projection du film documentaire « Les hommes » de Ariane Michel, dans le cadre du FID de Marseille téléporté à Saigon. Le directeur du festival, Jean-Pierre Rehm était là, ainsi que la réalisatrice, Ariane et son copain chanteur-compositeur. Ariane est une connaissance de Delphine, si je me souviens bien c'est par son biais que le projet à aboutit ici. Saisissant « l’opportunité formidable d’une expédition scientifique qui partait explorer l’Est du Groenland à bord du Tara V (ex-Antartica) » -bateau sur lequel Delphine a passé plusieurs mois, Ariane Michel s’est jointe à « des naturalistes qui allaient parcourir des côtes sauvages pour en recenser les espèces. ». La projection a eu lieu à l'Idécaf (le centre culturel francophone subventionné par la France) après un petit verre de vin Sud-africain.
Voili comment ça commence :
« Aux confins d'une mer gelée, un bateau s'approche de la terre. Des silhouettes humaines en sortent, elles paraissent étranges. La glace, les pierres et les bêtes du Groënland assistent depuis leur monde immuable au passage de scientifiques venus un été pour les étudier. »
Au départ, je suis un peu perplexe face à ces paysages qui, j'imagine, sont à couper le souffle, mais qui ici semblent recouverts d'une espèce de voile terne - je suis poutant une pro-esthétique de la fadeur. Ce qui me perturbe pendant tout le film, c'est que je ne sais pas quelle lecture choisir. Est-ce que la qualité de projection est vraiment très mauvaise et que dans de bonnes conditions, on aurait été scotchés à nos sièges par tant de beauté, aveuglés par la blancheur de la glace et par les capuches fluos des personnages? Emus par les petites fleurs colorées qui poussent entre les rochers? Ou est-ce que cette grisaille (Ariane parlera plus tard – après le film - de « douceur ») est une touche volontaire, répendue là pour mieux exprimer un ennui paradoxalement ressenti face à tant de sublime? Je me dis que je préférerais la seconde option, plus intéressante. Il s'averera que la douceur dans les tons était voulue (et surtout conforme à la réalité) mais pas l'expression de l'ennui, et encore moins le désir d'ennuyer le spectateur.
Quel qu'ait été le choix de l'artiste, il me semble que dans un travail comme celui-ci, l'image doit être parfaitement contrôlée. Et de là où j'étais (trop près, semble-t-il), l'effet rendu par les jeux successifs de mise au point (sur un rocher, une fleur)... eh bien tombait totalement à l'eau car jamais je n'ai pu voir un objet totalement net sur l'écran (à moins que ce ne soit ma vue – c'est possible aussi). Ca paraît être un détail, mais il me semble que c'est important. Comme ce seul moment du film (je crois) où on voit nettement que la réalisatrice filme son sujet (un ours polaire) caméra sur l'épaule – peut-etre en super zoom : ça bougeotte et au départ, comme c'est au début du film, on se demande si ça va être un effet de style qui va revenir... Mais non, ensuite le reste est hyper lisse, le mouvement fluide... quand mouvement il y a.
Le point fort, maintenant. Il n'y a pas de dialogue, enfin quasi-pas. Pas de commentaires. Ce n'est pas le silence, mais pas loin. Du coup, les personnages (qui sont donc des scientifiques venus étudier la nature) font des gestes qui nous semblent vraiment très très étranges. La sensation « lost in translation » qu'on peut ressentir quand on débarque dans un pays dont on ne connait pas les coutumes, quand on se demande alors à quoi servent certaines postures – à moins qu'on ne se dise tout simplement que les gens dans ces postures sont complètement fous. Enfin bref, voir ces bonshommes en combi jaune marcher et faire demi-tour, contempler des cailloux, s'allonger sur le ventre, mettre des cartouches dans un fusil dont il ne se serviront pas, lever les mains vers le ciel en formant des angles... nous plonge dans un univers vraiment particulier. Le charme est brisé pour moi quand on voit des mains d'un des personnages récolter du duvet dans une pochette en plastique et mesurer des oeufs reposant dans un nid. Ca nous ramène d'un seul coup à la réalité, nous dévoile ce dont on se doutait mais ce vers quoi on ne voulait pas forcément aller. On revient au documentaire qui explique, d'ailleurs peu après ça arrive la voix, sous-titrée qui va nous en dévoiler encore plus...
Sinon, ben à fond les boulons. Ca gratte, ça gratte, enfin ça tapote sur les touches du laptop plutôt. Rédaction, correction, mise en page. On fignole le dossier pour Rendezvous2 car la chasse au sponsors s'ouvre en début de semaine. Réunion pour le magazine avant hier, pour relancer les troupes. Nous partons sur une nouvelle thématique : la traduction, le titre retenu pour ce numéro est « Babel ». Nous devons aussi envoyer notre demande de soutien pour le mag, qui -je l'ai déjà dit? - est en bonne voie d'être acceptée.

Il y a quelques jours, après plein de rebondissements, notre ami Chico nous a quitté pour rentrer en France. Avec tous mes aller-retours, je ne l'ai pas trop vu pendant son petit séjour chez nous. Le résumé de l'histoire, pour ceux qui n'y auront pas droit parce qu'ils n'habitent pas à Bordeaux par exemple : Chico arrive au Vietnam pour quelques semaines de vacances. Au bout de 3 semaines il part en balade vers le centre, puis le Nord (Baie d'Halong, Sapa...) et pis voila pasqu'on entend parler d'un plan de boulot parfait pour lui : manager d'un resto français assez classe ici, à Saigon. Tic Tac Touc, il appelle, il est quasi embauché, il rentre de son périple dans le nord, entretien, embauche, réponse à donner, mais c'est pas si simple : non, oui et enfin non.

Petit toast pour fêter l'embauche de Chick
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