jjj WONDERFUL IN SAIGON jjj
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Un peu a la bourre l'invit pour la performance, avec un de mes dessin avec un graphisme fait par Bert. Et puis ça:
Karen Maldonado
Formée au studio théatre du CRDC de Nantes, la comédienne française Karen Maldonado intègre la prestigieuse compagnie Royal de Luxe en 1995. Du fameux « Peplum » en 1996-1997 à la récente production de 2004 « La visite du sultan des Indes sur son éléphant à voyager dans le temps », Karen Maldonado a parcouru le monde pendant 8 ans, participant au grand déploiement de cette poésie magnifique signée Royal de Luxe, jouant dans les rues, sur les places, dans la brousse africaine, dans les arbres... - partout où le public peut se laisser surprendre- à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, sur des durées variables allant de quelques minutes à... 5 jours non-stop.
Installée depuis un an à Ho Chi Minh ville, elle poursuit sa carrière d'actrice et a présenté récemment sa dernière création « Pendant la chute j'ai pensé », une performanceen solo theatrale et dansée, à l'Atelier Wonderful.
Que Karen Maldonado intervienne dans le registre du théatre, de la danse ou de la performance, toujours, l'objectif semble rester le meme : comment insuffler un peu de poésie et d'émotion à ce monde desenchanté dans lequel nous vivons.
« Il doit bien y avoir quelque part un coin où il fait bon vivre? / Quelque part de doux, tranquille, où le temps passe autrement? / Il doit bien y avoir une autre façon de voir la vie? »*
En 1997, Karen joue « La maison dans les arbres » avec Royal De Luxe: Pendant deux jours, des (vrais ou faux?) ouvriers installent un grillage de jardin autour d'un arbre du centre-ville. Le troisième jour, une entreprise y place des arrivées et des évacuations d'eau, des éviers, l'électricité... Le jour suivant, les déménageurs disposent les meubles dans les branches, les suspendant comme des marionnettes à fils. L'appartement enfin terminé, des locataires s'y installent et y vivent d’une facon absolument normale durant 5 jours et 4 nuits. La situation n'est pas seulement cocasse ; plus que cela, elle invite le passant-spectateur à envisager sinon un ailleurs, au moins un autrement, une « autre façon de voir la vie ».
«C’est ici que je suis / et voilà mon corps qui danse sur du verre »*
Les deux années suivantes, Karen joue avec la compagnie de danse contemporaine Moleskine : « Manureva », une pièce déjantée créée par Laure Bonicel. Là encore, la pièce invite à poser un regard critique sur la réalité, en proposant « ce que pourrait etre le Paradis d'aujourd'hui », un aujourd'hui limité au reve « préformaté », prêt à etre consommé. Il s'agit de la première collaboration de l'actrice avec une chorégraphe. Dès lors l'expression corporelle devient une composante essentielle dans son travail de comédienne.
Elle entame une seconde coopération avec Laure Bonicel en 2001 (« Diva »), puis présente au Vietnam « Nu », une performance chorégraphique associée au concert de Laurent Garnier durant le festival de Hue en 2002.
En 2003, elle auto-produit et présente à Paris « Hija de Puta », sa première création combinant théatre et danse. Il s'agit d'une pièce où elle joue seule le personnage d'une écorchée vive au destin tragique.
« Je suis descendue dans la vie comme on descend d’un toboggan, / expulsée dans un cri / et j’ai reçu une bonne tape sur les fesses en arrivant. »*
C’est par cette phrase empruntee a « Hija de Puta » que commence la toute dernière création de Karen Maldonado, jouée en décembre 2006. Résultat d'une mise en scène qui tente de défier les règles du théatre classique, « Pendant la chute j’ai pense » défile à travers une succession de tableaux à l'ambiance très cinématographique, melant les textes de trois auteurs (Sarah Kane, Xavier Duringer et Karen elle-meme). La pièce dévoile avec une violence sublimement retenue la degringolade progressive du personnage, incapable de survivre dans un monde dénué de poésie ; un sentiment de douleur universel exprimé ici par les mouvements ou les pauses du corps et par des mots, beaux et durs à la fois, roulant comme les perles d'un chapelet qui viendrait d'etre éclaté contre un mur.
« Je suis venue à vous dans l'espoir d'une guérison / Pour me défendre. / Pour exciter, surprendre, fasciner, choquer, intriguer, divertir et séduire les autres.»*
SL
*in « Pendant la chute j'ai pensé », Sarah Kane, Xavier Duringer, Karen Maldonado
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