Dans ce contexte oeuvrait aussi un autre peintre, Constant Nieuwenhuy, dit Constant, qui, entre 1956 et 1974, se consacra a un unique projet, New Babylon, premier village global, première architecture technologique de réseaux, dans la mouvance du situationnalisme. New Babylon est un « labyrinthe dynamique » ; l'architecture s'y dissout dans l'écoulement des flux humains à travers la terre. A l'enracinement, fait place le nomadisme ; à l'architecture, un entrelacement de traces. Ne subsistent que des « secteurs », volumes suspendus, sans partition intérieure, qui accueillent les migrateurs de New Babylon. L'architecture s'est transformée en « environnement artificiel » afin de permettre une interaction avec ses occupants.Constant parla de ces secteurs comme de « machines athmosphériques ». En effet, il ne s'agit plus de produire une forme spatiale, mais d'élaborer une atmosphère afin d'établir une porosité entre le dedans et le dehors, une perméabilité entre les dimensions de l'espace et du temps.
Marie-Ange Brayer, Art/Architecture, construction d'atmosphères (in Art press +, L'architecture contre-attaque)
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